Jean-Louis Scoazec : interview de légendeDans cette page : Ses entraînements (programme et technique d'exécution), ses meilleures performances, ses conseils d'entraînement et diététiques, ses compétitions et blessures et ce qui'il pense du dopage. L’idée avait surgi il y a quelques années sur le forum. Celle d’interviewer Jean-Louis Scoazec, le père du bien connu d’Internet Yann S.. C’est maintenant chose faîte. Figure emblématique du monde de la musculation des années 80, il a littéralement vécu dans ce monde pendant plus de quinze ans. Il a donc beaucoup de choses à nous raconter, à nous faire partager. L’interview s’étant déroulée par téléphone, j’ai donc tout retranscrit en essayant de garder le “ton” de mon interlocuteur. Bonne lecture à tous. PrésentationJe suis né le 3 juin 1952. Et j’ai démarré la musculation à 17 ans. Quand j’ai commencé, je crois me souvenir que je pesais 70 kg pour 1m77. Avant ça, j’ai essayé un peu tous les sports : athlétisme, natation, et surtout sport de combat : judo et boxe française. J’étais un peu “touche à tout”. Je voulais faire de la musculation depuis longtemps. J’avais envie d’être un plus musclé, d’être un plus fort. La force m’a pris au jeu dès le début. J’étais plus attiré par la force que par l’esthétique. Je ne m’y suis mis sous l’influence de personne. Je me souviens de ce que me disaient mes parents, que j’allais me détruire, que ça ne menait nulle part. Mon père était Pompier de Paris au bataillon de Joinville-le-Pont (94). Il était très athlétique et faisait de bonnes performances en athlétisme notamment au sprint. Il était aussi très agile. Début des années 70, la musculation était encore moins bien perçue que maintenant. Ce n’était pas très bien vu. EntraînementSallesJ’ai commencé directement en salle chez Pierre Rigaud à Cité Magenta dans le 11e à Paris (75). Au départ, les anciens de la salle m’ont un peu guidé. Puis après, j’ai pris mon “envol”. C’était une vieille salle où il n’y avait que des mecs. Il n’y avait aucune fille. Le matériel était en fonte et l’ambiance était particulière. On s’encourageait, il fallait pousser. Dans cette salle, j’ai côtoyé beaucoup de costauds de l’époque comme Serge Cancel qui passait à la foire du trône faire des démonstrations de force. Il y avait aussi Ragoubert, Bernard Geymont, Hercule Cortez… Je me suis pris au jeu et pour te donner quelques chiffres, en trois mois, je suis passé de 40 kg à 100 kg au développé couché. Malgré mon faible gabarit, j’avais une certaine force, j’avais l’influx. J’arrivais à m’énerver suffisamment avant de passer sous la barre pour que ça monte. Cette salle a fermé, et on a tous déménagé. J’ai été au Gymnase Riquet que Lucien Demeillès dirigeait. C’est là-bas que j’ai connu Marc Vouillot avec qui j’allais devenir très bon copain, Jean Texier, Bernard Gaudry, Lechertier… Beaucoup des mecs de Magenta ont suivi en fait. Les autres sont partis chez Nubret.
ProgrammeMon entraînement était assez anarchique. Il y avait ma base. Je savais que je devais faire deux fois par semaine mon développé couché à Riquet. Après, ça pouvait énormément varier. Je pouvais m’entraîner trois fois dans la même journée. Je faisais mon entraînement principal à Riquet et après, comme je trainais beaucoup dans les autres salles, je pouvais refaire une série à 150 kg ou 100 kg, comme ça, parce que j’en avais envie. Alors que deux heures avant, j’avais fait une grosse séance de pectoraux. Je ressentais un besoin. Par exemple, je pouvais aller chez Nubret et faire une série de 10 à 150 kg puis aller chez un autre et faire une série de 30 à 100 kg. Marc Vouillot l’avait dit dans l’interview qu’il avait donné à Jean Texier dans Muscle Mag que j’aurai du plus me reposer. Ce qu’il y a, c’est que j’arrivais à 5 h 30 du matin, après le travail, sans avoir dormi, et parfois en m’étant battu (comme j’étais videur). Alors, j’arrivais énervé à la salle et il fallait que je pousse à fond les manettes. Et malgré ça, même après l’entraînement, je n’étais pas fatigué. C’est pour ça que j’arrivais à remettre quelques séries dans la journée par ci, par là. C’était parfois par défi, par l’envie de montrer ce que je valais aux autres. Je voyais beaucoup de mecs “chargés” qui ne faisaient qu’une répétition à 150 kg et ça me démangeait de leur montrer que je faisais mieux, sans rien prendre. C’est comme ça que je me suis fait un nom dans le monde de la musculation. Les mecs me connaissaient après. Maintenant, je ne peux plus faire de barres parallèles, de dips. Je fais 6 ou 7 répétitions et ça me tire de partout, comme j’ai été opéré d’une épaule. Je ne peux pas partir d’en bas, pas trop descendre. En fait, j’avais le besoin de faire beaucoup d’exercices. Tu as des personnes qui n’ont pas besoin d’en faire beaucoup. Ils font deux exercices et ça suffit. Mais, pour moi, c’était un besoin d’en faire autant. Je pense que c’est pour ça que je n’ai jamais vraiment été gras. J’en faisais tellement. Mon entraînement était désordonné sans l’être vraiment. C’est-à-dire que je pouvais faire des triceps très lourds avant de faire le développé couché. Ce qu’il fallait, c’est qu’il y ait un défi. En plus de ça, j’étais un peu fou dans ma tête. Je faisais pectoraux/dos et au lieu de rentrer chez moi, je pouvais enchaîner sur biceps/triceps, parce que je sentais que ça allait me faire du bien. En fait, je sentais ce que je devais faire. Mon corps réclamait de l’exercice, il fallait lui en donner ! Désormais, je m’occupe de plusieurs personnes en Bretagne, de leurs entraînements. Je leur fais deux ou trois programmes par an et ils progressent, alors que certains ne progressaient plus depuis des années. Ils prennent de la force, du muscle et même de l’endurance. Ce sont des gens d’une trentaine d’année, ça me fait plaisir de transmettre un peu de mon expérience. Je ne leur donne évidemment pas le programme que je faisais moi-même à l’époque, mais des programmes intelligents pour leur niveau, adapté à leurs objectifs. Je ne vais pas chercher à les détruire en leur donnant mon programme de mes années folles. Il y en a qui ont voulu essayer de me copier, beaucoup même. Et le résultat a toujours été identique : ils ont tous finis blessés ! Par contre, pour mon programme à moi, celui de l’époque, le programme, ce n’était “pas de programme”. L’envie dictait mon programme. Je pouvais voir une barre au sol de 100 kg et avoir l’envie de faire du développé nuque. Dans ce cas là, je n’hésitais pas. Mon programme pouvait changer dix fois dans la même journée. Il n’y avait pas de règle prédéfinie. Je faisais du lourd, du léger, je faisais tout et surtout à fond les manettes. Ma répartition d’entraînement variait donc sans arrêt. Si j’avais loupé une séance la veille, je pouvais la remettre parce que je ne voulais pas rester sur un échec, ce n’était pas envisageable. Technique d’exécutionJe n’ai jamais été pour une technique stricte. Je m’y pliais si je participais à une compétition, évidemment, mais à l’entraînement, c’était différent. Tu le sais comme moi, on ne peut pas faire du curl à la barre à 100 kg en étant strict. Ce n’est pas possible. Si j’avais décidé de faire une performance, une grosse barre, il fallait que je la fasse, il fallait que ça monte. Et dans ce cas, forcément, si tu chipotes sur la technique, tu n’arrives à rien. Je ne dis pas que les mouvements stricts sont inutiles, mais je ne pouvais arrêter une série juste parce que la technique se dégradait alors que mon objectif n’était pas atteint. Si tu veux vraiment mettre des poids lourds, tu es obligé à un moment ou à un autre de “tricher” un peu, mais c’est de la bonne triche. Et tu es obligé de l’utiliser à un moment ou à un autre pour progresser parce que ce n’est pas en faisant du curl à la barre à 30 kg que tu vas avoir de gros bras. Il n’y a pas de secret de toute façon, tout ça vient naturellement à partir du moment où tu cherches à donner le meilleur de toi-même à l’entraînement. Repos entre les sériesJe n’aimais pas le repos alors, entre les séries, je ne me reposais pratiquement pas. Pour moi, ça n’allait jamais assez vite. On s’entraînait avec des copains, et j’étais obligé de passer avant les mecs, parce que je devais passer, c’était comme ça. Ça m’énervait, alors je passais et je faisais mon entraînement comme ça, avec l’énervement. Il y a des gens qui ont besoin de s’arrêter, de respirer. Moi, pas du tout. L’entraînement, c’était le mot, il fallait que ça bouge. Je n’étais pas là pour me reposer. À une période, j’ai suivi le programme de Marc. Il faisait sa série et il s’asseyait, se reposait. Il prenait ses cinq minutes de repos contrairement à moi. Je ne pouvais pas attendre. Ça m’ennuyait. Je passais sous une barre fixe et je faisais une série de traction. Je voyais ue haltère au sol, ça me démangeait de faire une série de biceps. J’étais son opposé. Il arrivait à être calme tandis que j’étais très impulsif malgré que nous avions tous les deux une “grande gueule”. Et aux compétitions, c’était pareil. Je perdais beaucoup d’influx avant de passer sous la barre, j’étais sur les nerfs alors que lui arrivait à rester calme jusqu’au moment de passer sous la barre. Meilleures performancesAu développé couché, j’ai fait 195 kg normal, 182,5 kg à la claque. En série, j’ai fait 10x170 kg, 17x150 kg, 37x100 kg (en compétition). Mais il faut que je te raconte ce 10x170 kg. J’étais à la salle avec Bernard Geymont et je lui dis de mettre ce poids. Première série, 9 répétitions. Deuxième série, 9 répétitions. Troisième, quatrième, cinquième série pareil. Il me manquait toujours un peu de triceps, pas grand-chose mais suffisamment pour caler sur la dixième répétition. Au fil des séries, je m’énervais de plus en plus. Je voulais absolument en faire dix. Et c’est la sixième ou septième série que finalement j’ai réussi à faire cette 10e répétition. Les personnes présentes à ce moment la n’en revenaient pas. Même Bernard qui en avait vu (ancien lanceur de disque, il a fait du squat très lourd). Comme je te disais tout à l’heure, je faisais aussi du curl à la barre à 100 kg en série de 6 répétitions. J’ai aussi triplé 110 kg au barre front. Pour les cuisses, je faisais beaucoup de presse à cuisses après mes opérations du dos, autour de 300 kg en série de 6/7 répétitions bien descendues jusqu’en bas. Avant mes blessures au dos, j’ai fait 225 kg au Squat en ne descendant pas tout à fait à fond (problème de souplesse) et 240 kg au soulevé de terre. Pour le dos, je faisais beaucoup de traction. Il m’arrivait de mettre 20-25 kg de lest pour faire mes séries, toujours de 8-10 répétitions. Je faisais aussi des Dips en fin d’entraînement pour les pectoraux avec 50 kg de lest, toujours pour des séries de 8 à 10 répétitions. Pour la cage qui était mon gros point fort, je faisais aussi énormément d’écartés couché à 50 kg par bras, du pull over à 70 kg, toujours sur le même type de série.
Physique au topÀ mon meilleur niveau, j’ai eu 78 cm de tour de cuisse. C’était un des muscles pour lequel j’étais fait avec les pectoraux. J’allais courir et me retrouvais souvent en sang au niveau des adducteurs à cause de la grosseur de mes cuisses. Mais beaucoup me demandaient ce que je faisais comme sport pour avoir autant de cuisse. Pourtant, je ne faisais rien de spécial : presse à cuisses, leg extension, leg curl, un peu de squat sans charge… J’avais un potentiel pour avoir des grosses cuisses. À part ca, j’étais assez équilibré. J’avais des trapèzes, du dos. Mais mes deux gros points forts restent les cuisses et ma cage thoracique ainsi que mes pectoraux. ReposLe repos, c’était quelque chose que je ne connaissais pas. Je ne pouvais pas me reposer, c’est comme si j’étais sur des piles qui ne s’usaient jamais. Je finissais le travail de bonne heure, je ne dormais pas et j’arrivais directement à la salle pour m’entraîner. Tu en as qui mettaient toute leur chance de leur côté en dormant leurs 8 heures, en prenant leur petit déjeuner… Ça ne m’empêchait pas de m’entraîner à fond. Je pense que j’avais un très gros potentiel pour la musculation. Je pouvais faire un maxi le matin au développé couché et ne pas être fatigué à tel point que je remettais ça dans l’après midi, parce que j’étais encore en forme. Je ne sentais pas la “fatigue” et comme j’avais envie de m’entraîner à nouveau, je n’hésitais pas. En fait, je ne me reposais jamais. Je ne dormais pas beaucoup non plus. Ce n’était pas du sommeil continu, c’était plutôt deux heures d’un côté, deux heures de l’autre. Et même des fois, pas de sommeil du tout. Mais même sans dormir, tout allait bien. À l’époque, j’avais fait des tests avec Jean Paul Ollivier qui est maintenant dans l’organisation du Tour de France. Il n’avait jamais vu ça de sa vie, il n’en revenait pas. Je n’étais jamais fatigué. À part ça, je n’ai jamais non plus loupé une séance d’entraînement. Je pouvais arriver un peu mollasson, mais j’arrivais à me motiver par moi-même pour sortir de super barres. J’arrivais à faire abstraction de cette “pseudo fatigue”, à l’évacuer assez rapidement. Je n’ai jamais été vraiment “malade” non plus. Je pouvais avoir un rhume mais après une ou deux Aspirine®, ça passait tout seul. En résumé, je ne pouvais pas me reposer. Si je n’allais à la salle, j’allais courir, je faisais des pompes… Il fallait que je me dépense. État d’espritÀ l’époque, il fallait que je “bombarde”. C’était le mot. Je ne voulais pas réfléchir sous les barres, je voulais “bombarder”, à fond comme toujours. Il y avait toujours cette notion de défi. C’était la barre et moi, et il n’était pas question qu’elle gagne. C’était comme un combat, une lutte sans fin. J’arrivais à m’énerver assez fort avant de passer sous la barre. Beaucoup me l’ont d’ailleurs reproché car cela faisait beaucoup de bruit, surtout quand il y avait des cours de fitness à côté. Mais comme je m’occupais des jeunes, que je les guidais, ça allait quand même bien. Néanmoins, tu avais quelques personnes qui ne pouvaient pas me sentir. Je disais ce que je pensais, un peu trop peut-être et parfois ça finissait en bagarre. Aussi, j’ai toujours été contre les accessoires d’entraînement. Par exemple, les sangles au soulevé de terre. C’était un défi que de tenir la barre à la main, sans sangle. Je me montais la tête pour réussir à tenir, je “m’insultais” pour ne pas lâcher. Je voulais réussir. Cardio-trainingJe faisais un peu de footing dans les bois. Mais, à mon époque, tout ce qui est vélo elliptique, tapis de course… ça n’existait pas. On allait courir à Meudon avec trois-quatre copains. On se faisait des parcours du combattant comme de courir une distance avec un mec sur le dos ou alors on faisait des abdominaux en s’accrochant autour d’un mec qui restait fixe. Et après ça, on courait encore. On finissait souvent par vomir après. On était content, parce qu’on s’était vraiment bien donné. On avait été jusqu’au bout. J’avais parfois les cuisses en sang aussi à cause des adducteurs. D’ailleurs, la où ça frottait, les poils n’ont jamais repoussé. Autres sports en parallèleEn même temps que la musculation, je me suis essayé à d’autres sports. J’ai fait du kickboxing, de la boxe américaine avec l’entraîneur de Valéra, du judo, du catch aussi, de la lutte…que des sports de combat. Naturellement, j’étais assez souple. J’arrivais à lever ma jambe, j’étais vif sans m’étirer, sans rien faire de spécial à côté. Par rapport à mon poids, j’étais assez rapide. Mais mon sport principal, ça restait la musculation. Comme je travaillais à la ville de Paris, il fallait faire des sports de combat alors c’était un passage obligé. Je ne me débrouillais pas trop mal, mais la musculation était vraiment à part, c’était mon truc, ma base. J’ai fait quelques compétitions quand même, mais ça n’a pas duré parce qu’il y avait des catégories de poids. Ça m’ennuyait de surveiller mon poids, de faire attention à ce que je mangeais. C’était trop de contrainte pour moi. Je me suis aussi essayé au bras de fer parce que j’avais une copine qui s’occupait de ça à l’époque, qui avait une salle dans le 19 e arrondissement à Paris (75) (avant, elle était chez Riquet, c’est comme ça que je l’ai connue). Elle voulait que je participe à des compétitions, mais il y avait énormément de règles et ça m’a un peu découragé. Conseils d’entraînementProgrammeLe meilleur conseil que je puisse donner, c’est de n’écouter personne en salle. Il est tellement rare de tomber sur de bons professeurs, sur les bonnes personnes. Personnellement, les seules personnes que j’ai écoutées à mes débuts étaient des anciens. Mais j’ai vite fait la part des choses. On voulait m’imposer des programmes et moi, je ne pouvais pas suivre le programme d’un autre. Il fallait que ça vienne de moi, de mon ressenti, de mon envie du moment. J’ai quand même essayé le programme de Marc qui était une planification basée sur des séries de trois, cinq, huit répétitions. Mais ça ne marchait pas sur moi. Quand je finissais son programme, c’était comme si je n’avais rien fait, j’avais tellement d’énergie à dépenser, il m’en fallait plus, beaucoup plus. Je ne pouvais pas avoir de règles, d’objectifs chiffrés avant de démarrer ma séance. Mes envies me dictaient ce que je devais faire. Cela pouvait aussi bien être des séries courtes que des séries longues. Je ne dis pas à un jeune de suivre ce que j’ai fait. Cela me convenait à moi, à ma personnalité avec mon potentiel physique. Il faut le dire, j’étais un cas assez particulier. C’est d’ailleurs pour ça que je n’ai jamais eu de partenaire d’entraînement. Tous ceux qui ont voulu essayer de me suivre, sans me vanter, ont fini blessés ou dégoutés par la pratique de la musculation. Une fois, je me suis entrainé avec un copain qui faisait du judo. Il marchait au défi, comme moi. On avait fait du squat en série de 25 à 150 kg, cul au sol. Ça avait très mal fini pour lui. On avait été obligé de l’emmener à l’hôpital, il avait l’impression que sa tête allait “exploser”. Il s’en était remis mais il m’en avait voulu. Il croyait que j’avais fait exprès, mais en fait, pour moi, c’était une séance normale. Je n’avais rien fait d’extraordinaire par rapport à d’habitude. DièteLa diète, c’est un truc sur lequel je n’ai jamais été sérieux pendant toute ma carrière sportive. Quand j’ai fait ma compétition de culturisme, au lieu de faire un régime construit, je ne mangeais plus rien. Je m’entraînais sur l’énervement et ça passait. Il y a même certain jour où je ne mangeais rien du tout et où j’allais quand même m’entraîner, faire une heure d’abdominaux et même du cardio-training. J’essayais de me dépenser le plus que je pouvais. J’allais à la salle avec un gros survêtement pour cacher mon jeu. Beaucoup croyaient que j’avais tout perdu. Mais quand il y a eu la compétition et que j’ai enlevé le survêtement, ils n’en revenaient pas. Personne n’aurait cru que j’aurai pu être aussi bien. Comme je faisais de la force, c’était dur pour eux d’admettre le résultat final, ma sèche. À mon plus lourd poids, j’ai pesé 104 kg. C’était une période où je mangeais énormément. Ça pouvait aller jusqu’à 1 kg de fruits secs dans la journée. Mais le pire, je crois, c’est quand je bossais à la Mairie de Paris. Je m’occupais de garder les parcs et jardins la nuit, et comme je m’ennuyais, il m’arrivait de manger une dizaine de glaces. Je finissais de travailler vers 6 h du matin, et j’allais au café du coin qui était près de la salle pour prendre mon “petit déjeuner”. Je prenais un sandwich rillettes-saucisson sec et des œufs durs, voir parfois un petit verre de vin rouge pour finir ce repas. Le midi, je reprenais des œufs et je rajoutais des fruits secs. Le soir, je rentrais dîner chez moi. Je mangeais souvent du fromage, des fruits, un peu de gâteaux secs aussi. Actuellement, je mange encore un peu de cette façon qui est, il faut le dire, très désordonnée. À l’époque, malgré cette mauvaise organisation, je ne prenais pas de gras. Je n’ai jamais eu de ventre ou de cellulite. Quand j’ai pesé 104 kg, je me suis arrêté parce que justement, j’avais le ventre qui commençait à “pousser”, les fesses aussi. Je suis donc redescendu vers 97-98 kg qui était mon poids de forme, là où j’étais bien. Bien que j’étais orienté force, je ne voulais pas devenir obèse non plus. Je ne faisais pas très attention à ce que je mangeais mais comme je n’arrivais pas à me reposer, je ne stockais pas. Je voulais quand même avoir une certaine esthétique. Parce que tu en as, qui à l’époque, ont voulu faire des prises de masse, prendre du poids et ont fait plus de graisse que de muscle. J’avais cette chance de pouvoir faire 98 kg et ne pas être très gras. Je pense que ça vient de ma génétique, de ma ligne parce qu’en plus, beaucoup, à l’époque, ne pensaient pas que je pouvais peser aussi lourd. J’avais un peu de gras, mais comparativement à mon poids c’était loin d’être excessif. Désormais, comme je mange toujours un peu pareil, et s’il m’arrive de prendre un peu de ventre, je fais attention pendant deux-trois jours et ça part. Mais je ne me force pas à manger. Je n’ai jamais été un gros mangeur, je ne me suis jamais forcé pour manger. Je ne fais pas de régime, mais je ne me prive pas non plus. Par contre, il y a beaucoup d’aliments qui sont assez gras que je ne mange pas pour une histoire de goût. Par exemple, je ne prends jamais de plats en sauce, de beurre ou de viande rouge. Je mange de la viande blanche, mais la viande rouge, je n’ai jamais pu en manger. C’est pareil pour les plats en sauce. Quand je vais au restaurant et qu’une sauce est prévue dans le menu que je choisis, je demande à ce qu’on me l’enlève sinon je ne peux pas manger. Par contre, comme j’adore manger des glaces, je ne prive pas de m’en prendre une en dessert. Mais ce n’est pas tous les jours non plus. Pour en revenir à la diète, ça n’a jamais été mon “truc”. Ça m’ennuyait de devoir calculer, d’être hyper précis. Dès que ça devenait un peu compliqué, ça m’ennuyait. À 57 ans, je n’ai plus l’âge de m’ennuyer avec ça de toute façon. Je n’ai rien à gagner. RégimeLe seul régime que j’ai fait ma vie, c’était à l’occasion de ma compétition de culturisme. Cela m’a suffit comme expérience du régime. J’avais perdu 17 kg et dans la soirée, j’avais fait comme une crise de boulimie. Je m’étais privé pendant quatre mois de nourriture, et une fois la compétition passée, comme beaucoup de compétiteurs, j’avais mangé jusqu’à me sentir très mal. J’avais donc repris 8 kg dans la soirée. C’était une sorte de rebond glucidique mais à base de pizzas, de glaces. C’était en quelque sorte la libération après ces mois de restriction. Quatre jours après, j’avais regonflé et j’étais mieux qu’à la compétition. C’est après la compétition que j’ai commencé à faire un peu plus attention à ce que je mangeais, que j’ai vu le “pouvoir” que pouvait avoir l’alimentation sur le physique. J’avais fait ce régime pour voir ce que je valais. C’était encore un défi parce que personne ne croyait que j’oserais monter sur une scène et être aussi sec. Alors, je me devais de le relever, de montrer que je pouvais réussir à sécher, à être “bien” une fois dans ma vie.
SupplémentsJe n’ai jamais été un gros consommateur de suppléments. J’ai pris et je continue de prendre un peu de vitamine C et E, un peu de germes de blé et de levure de bière. Quand j’ai eu ma salle à Aubervilliers (93), j’ai essayé de prendre un peu de protéines en poudre avant de m’entraîner. Ça n’a pas duré parce que j’oubliais tout le temps d’en prendre. J’en prenais une fois, et après j’oubliais pendant trois semaines. J’ai pris aussi des plantes quelques fois, des trucs pour la peau, pour les cheveux, des produits naturels. Conseils dièteJe ne pense pas que je suis le mieux placé pour donner des conseils ici. Ce serait prétentieux de ma part de donner une diète aux gens alors que moi, je n’ai jamais été très sérieux là-dessus. En me surveillant un peu plus de ce côté, je ne pense pas que j’aurai eu de meilleurs résultats. C’est dur à dire. Par contre, je n’ai jamais vraiment fait d’abus : pas d’alcool, pas de cigarette… Si j’avais un conseil à donner, ce serait de savoir se faire plaisir de temps en temps et de savoir mettre le frein si l’on commence à devenir un peu gras. Il ne s’agit pas de manger tous les jours tout ce qu’on veux, de ne pas faire attention du tout. Il faut savoir faire la part des choses. Si tu prends une glace une fois dans la semaine, c’est bien, ça suffit. Mais si tu en prends tous les jours, ça ne peut pas aller, évidemment, même d’un point de vue santé. Quand je suis monté à 98 kg, je ne forçais pas sur la nourriture. Je rajoutais parfois quelques Yoplaits® pendant l’entraînement en plus de ce que je te disais tout à l’heure, mais c’était tout. Ce que j’ai fait m’a quand même plutôt réussi. Il est dur pour moi de conseiller sur le sujet. Maintenant, à 57 ans, je suis toujours en forme grâce à mon caractère (nerveux). Je fais régulièrement des analyses, je n’ai ni cholestérol, ni diabète, tout va bien. CompétitionDéveloppé couchéLes compétitions des “100 kg” ont vraiment démarré quand je m’entraînais à Riquet. Je ne me souviens plus de l’année mais je me souviens avoir faire 16 ou 17 répétitions. Je n’ai pas trop connu les “100 kg” de Paris (75). C’était des salles qui organisaient comme le Praxitèle. Je participais plus volontiers aux “100 kg” du Havre (76). En 1985, je m’étais un peu énervé parce qu’on m’avait retiré des répétitions. Les juges étaient plus sévères avec certaines salles parisiennes qu’avec les salles de province. C’était une très bonne ambiance ces compétitions. CulturismeComme je te l’ai dit quand on a abordé la diète, j’ai participé à un concours de culturisme une fois. Pour me préparer, j’avais changé un peu mon entraînement. Je faisais beaucoup plus de séries longues tout en essayant de garder mes charges. Pour donner un chiffre, je faisais encore 170 kg au développé couché à la fin de mon régime. À côté de ça, c’était les abdominaux à fond, tous les jours. Il fallait que ça sorte. Beaucoup ont été étonnés du niveau que j’ai atteint. Personne n’aurait cru que je pouvais arriver aussi sec. Comme je me préparais avec un gros survêtement pour m’entraîner, on ne voyait que ma tête. J’avais littéralement fondu du visage. Ça a été une surprise pour énormément de personne de voir que j’avais réussi mon “pari”. Jean Texier m’avait même félicité pour la forme que j’avais réussi à avoir. J’avais fini troisième et Jean avait gagné la catégorie. Bon, tu le sais comme moi, le culturisme, les compétitions, c’est assez spécial. Ça m’a un peu dégouté, car j’ai toujours été contre le dopage. Et j’avais du mal à accepter de voir des mecs peser le même poids que moi en paraître 20 kg de plus. Je m’étais donné tant de mal pour cette compétition que ça m’avait vraiment très énervé. On s’échauffait à côté, et je les voyais gonfler à vue d’œil. Après ça, j’ai quand même été faire la finale parce que j’avais été sélectionné. Et ça m’avait encore plus convaincu de ne jamais refaire de compétitions de culturisme. C’était un autre monde, vraiment. Tu voyais certains mecs marcher comme s’ils pesaient 200 kg. Il y avait aussi une odeur particulière dans les vestiaires. Ce n’était pas mon monde, alors je n’ai pas cherché, je suis retourné à mes compétitions des “100 kg” pour mon plus grand plaisir.
TravailJ’ai commencé à travailler comme déménageur vers 18 ans. Il fallait se lever tôt et on ne portait que des objets lourds. J’ai fait ça pendant quatre ans. Ensuite, j’ai travaillé comme ferrailleur à l’Ile de Vannes (93). Je déplaçais des caisses entières toute la journée. C’était un boulot vraiment physique. Après, j’ai énormément travaillé comme videur, dans la sécurité rapprochée. J’ai travaillé à Bercy, au Zénith, je m’occupais de la sécurité pendant les concerts. Il y a des jours où ce n’était pas facile. J’ai aussi eu ma propre salle de musculation à Aubervilliers (93). Je m’étais associé à l’ancienne femme de Bernard Gaudry, Nicole. Elle était avec un de mes meilleurs amis de l’époque, Pierre Idoux (on le voit souvent en photo avec moi en train de me passer les barres, avec un survêtement blanc). À la salle, je donnais des cours de fitness, de stretching, de musculation, d’abdos-fessiers… Il y avait énormément de monde dans ces cours, ça pouvait aller jusqu’à plus de trente personnes ! J’ai aussi eu l’occasion de travailler dans d’autres salles : au Praxitèle dont le propriétaire était Pierre Mazereau, à Riquet aussi avec Marc Vouillot. À l’époque, ce n’était pas comme maintenant, tu n’avais pas besoin de diplômes pour travailler dans une salle de musculation. À côté de ça, j’ai participé à de nombreux romans photos. Il s’agissait de petites histoires illustrées que l’on trouvait dans les magazines de télévision. J’ai donc travaillé avec Patrick Bouchitey, Christian Delagrange, avec Nicoletta aussi. J’ai failli participer à une comédie musicale aussi. Mais ça ne s’est pas fait à cause de mon accident de moto qui est survenu au mauvais moment. Je suis aussi passé à la télévision dans quelques émissions : Temps X avec les frères Bogdanov, le Collaro Show, Intervilles… Même, si à l’époque, c’était assez bien payé, je n’ai pas accroché. C’était aussi un milieu très spécial et j’étais déjà très pris par l’entraînement et la peinture. La peinture, c’est quelque chose que j’ai découvert vers 6-7 ans. Au début, je ne pouvais pas en vivre. Je peignais sur mon temps libre, entre mes entraînements, même la nuit si je ne travaillais pas. Ça étonnait beaucoup de personnes de me voir concilier la peinture et la musculation. Parce que mes peintures ne reflètent qu’une partie de ma personnalité. Lucien Demeillès qui dirigeait le magazine Pleine Forme mettait régulièrement des photos de ce que je peignais à la fin de revue pour montrer cette particularité que j’exprimais. Il y a un moment où j’ai voulu savoir ce que je valais par rapport aux personnes qui sortaient des grandes écoles, des beaux arts. Je voyais que ma peinture plaisait mais jusqu’à quel point ? Étant donné que j’avais appris à peindre moi-même, c’était encore une fois une sorte de défi. Rapidement, j’ai commencé à avoir des premiers prix à des concours. Ça a commencé quand j’avais 27-28 ans. Après, j’ai commencé à exposer dans certains restaurants, notamment à Versailles (78) au Fou du Roi. C’est là que j’ai vu que ma peinture plaisait vraiment. J’ai continué à faire des expositions sur Paris (75), au Grand Palais, à Versailles (78). Et maintenant, ma peinture est exposée un petit peu à l’étranger à Washington, à Montréal… À 42 ans, j’ai décidé de venir m’installer en Bretagne et d’ouvrir ma galerie pour essayer d’en vivre. Et ça fait maintenant plus de quinze ans que je suis là. Mon travail se déroule beaucoup sur la lumière. Tu peux voir des exemples de ce que je peins sur mon site. Je peins beaucoup par rapport à mon instinct. Après une balade au bord de la mer, je vais peindre un lever ou un coucher de soleil, parce que ça m’inspire énormément. Il faut savoir qu’en moyenne, je peins dix mois sur douze. BlessuresJe me suis énormément blessé pendant ma carrière sportive. J’ai commencé par une blessure au dos. Pourtant, je ne faisais du squat et du soulevé de terre qu’une fois par semaine, mais cela a suffit à me procurer des problèmes. Je devais avoir 27-28 ans quand j’ai eu ma première blessure au dos. On avait du me plâtrer. C’était le kinésithérapeute de l’équipe de judo qui s’était occupé de moi. Il m’avait dit après manipulations et après m’avoir fait essayer beaucoup de choses différentes comme l’acupuncture qu’il ne me restait plus qu’à me faire plâtrer et à me reposer pendant deux mois. Malheureusement ou pas, je n’avais pas réussi à me reposer. Je continuais à aller à la salle, à m’entraîner avec l’aide de mes amis. Un mois après, j’étais retourné le voir et il avait eu une phrase assez dure qui disais : “si tu continues, tu finiras dans un fauteuil roulant”. Le pire dans tout ça, c’est que je ne m’étais pas blessé au squat. En ramassant quelque chose par terre, j’avais entendu un petit bruit. Après, j’avais une certaine fragilité au niveau du dos, ce qui fait que je me blessais facilement. Une fois, je m’étais même fait mal au développé couché. Je pense aussi que le fait de m’être souvent entraîné sans échauffement, de m’être entraîné sur de la fatigue, même si je la sentais pas, n’a pas aidé. Marc Vouillot avait parlé de moi quand il avait été interviewé par Jean Texier pour le Muscle Mag. Il avait dit qu’il pensait que j’aurai pu être meilleur si j’avais su me reposer, si je ne m’étais pas autant dispersé. Enfin, pour revenir sur le dos, après cette première vraie blessure et la phrase “choc” du médecin, ça m’avait un peu calmé. Malheureusement, pas assez, parce qu’après, j’ai quand même repris le squat et le soulevé de terre. J’avais déjà une hernie discale et je m’en suis refait une. Ce coup-ci, j’ai du passer sur la table d’opération pour me faire enlever un disque. Comme le disque n’a pas été remplacé, désormais, j’ai toujours un peu mal au dos dans la vie de tous les jours. Je n’acceptais pas de m’arrêter, de céder. Naturellement, je pense que j’étais fragile du dos. Je suis très cambré, et comme je faisais beaucoup de travail physique (déménageur, ferrailleur), j’arrivais à la salle avec le dos déjà fatigué. Je me suis aussi fait opérer d’une épaule suite à un accident de moto. C’était en 1986 ou 1987. J’ai “tapé” dans un semi-remorque et je n’ai pas voulu lâcher la moto. Je me prenais des coups et autant dire que la moto pesait près de 250 kg. Après, ils ont du m’opérer parce que la clavicule avait “explosé”. Les médecins m’avaient dit que je ne pourrais jamais refaire de développé couché mais je ne voulais pas y croire, je voulais revenir. J’ai mis environ un an avant de remettre 100 kg sur la barre. Mais après l’accident, c’était différent. Ça me faisait vraiment mal aux épaules, parce que j’essayais de compenser avec l’autre épaule saine, et maintenant, elle me fait mal aussi. Je suis quand même revenu à 30x100 kg mais j’ai décroché un peu. À part ça, pendant ma carrière sportive, je n’avais jamais eu mal nulle part (sauf le dos). Je ne savais même pas ce qu’était une tendinite. J’ai eu des petites blessures en m’entraînant, mais jamais rien de grave. Une fois, la barre au développé couché m’avait glissé des mains et ça m’avait cassé quelques côtes. Ça ne m’avait pas empêché de continuer à m’entraîner. Je n’ai jamais eu de déchirures non plus, de mal aux poignets (malgré mes petites articulations).C’est vraiment après mon accident de moto que les choses ont changé. Ça m’a coupé ma progression, c’est arrivé alors que j’étais à mon meilleur niveau. Je venais de gagner les “100 kg” de Tours (37), et je n’ai pas eu de chance. Maintenant, ça me fait un peu mal quand je fais des tractions où n’importe quel autre exercice. Je dois faire avec, c’est comme ça. DopageJ’ai toujours été contre le dopage. Évidemment, on m’a proposé plusieurs fois de me doper et j’ai toujours refusé. Ça m’a toujours fait peur. J’ai connu énormément de personnes qui en sont mortes : infarctus, suicide… Il faut bien le dire, dans notre sport, il n’y a rien à gagner. Alors se doper pour gagner trois répétitions, ça ne m’intéressait pas du tout. J’étais “trop” fier de ma personne pour y succomber de toute façon. Je n’aurai pas pu vivre avec l’idée que mes performances, mon physique ne venaient pas de mes efforts. Ça m’énervait un peu de voir certaines personnes partir de la salle en faisant trois répétitions à 100 kg et revenir en en faisant cinq fois plus. Surtout qu’en plus, ils m’assuraient tous ne rien prendre. Ils n’assumaient pas. Je “méprisais” un peu tous ces mecs. C’était la facilité pour ne rien gagner, pour faire le “beau” à la salle. Et j’en ai connu beaucoup malheureusement. D’ailleurs, j’apprends régulièrement des accidents, ou des morts de personnes que j’ai côtoyé à l’époque. Quand je vois ça, je me dis que j’ai bien fait de ne pas y toucher, parce que c’est un peu un jeu de chance. Et quand tu joues avec la chance, tu as plus de chances de perdre à la fin que de gagner, c’est vrai. Et puis, il y a tout ce côté “extrême” du dopage. J’ai du mal à concevoir que ça puisse encore être du sport. C’est un spectacle mais pour moi, ce n’est plus un sport. Quand certains se demandent s’ils vont perdre des cuisses en montant les escaliers, ça va trop loin pour moi. C’est l’engrenage, ça s’arrête quand ? C’est ce côté “fiction” qui me dérange aussi. Tu peux avoir 10 cm de bras en plus, peser 20 kg de plus mais où est ta part de responsabilité là-dedans ? TransmissionAu départ, j’ai mis mes deux fils aux sportx de combat. Ils ont fait du karaté, du judo… Yann avait du potentiel, il se débrouillait bien en boxe anglaise. Je ne voulais pas que mes fils fassent de la musculation. Vu les blessures que j’avais eu au dos, je ne voulais pas qu’ils prennent le même chemin. Comme Yann m’accompagnait aux compétitions quand il avait 5-6 ans, il a vécu l’ambiance du milieu de la musculation. C’est donc de leur plein gré qu’ils s’y sont mis. Et je ne pouvais pas, après, les laisser se débrouiller seuls à la salle. Je me suis pris au jeu de les entraîner. Et maintenant ?Même si maintenant, je traîne quelques douleurs, j’ai toujours une bonne forme physique. Pour te dire, j’ai souvent d’anciens copains qui me retrouvent ici en Bretagne grâce à mon site internet. Cette semaine, j’ai revu une personne qui m’avait vu débuter, que je n’avais pas vu depuis plus de trente ans. Il m’a retrouvé comme avant, avec la même énergie, le même tempérament. Je ne suis plus aussi musclé qu’avant, mais j’ai gardé un acquis (je pèse 88 kg en ce moment) que je maintiens avec du matériel que j’ai à la maison. Il faut que je fasse attention à mon épaule parce que je ne peux plus tirer et pousser comme avant. Mais je me force quand même, avec mes moyens, pour ne pas sombrer dans la sédentarité. J’essaie de m’entraîner entre deux et trois fois par semaine. Je sens que ça me fait du bien de bouger un petit peu. Là, grâce à l’interview, j’ai eu des nouvelles de Joseph Ponnier. C’était un super copain à l’époque. Ça m’a fait plaisir. Avec cet article, beaucoup vont voir que je suis encore en vie, en pleine forme. Souvent, quand un culturiste disparait, on se demande ce qu’il devient. Grâce à toi, les gens ne se demanderont plus. Je suis bel et bien toujours là ! 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Excellent article, continuez les gars, c’est du putain de bon boulot
très bon article
je trouve qu’on retrouve le coté artiste dans sa manière de s’entrainer plutot un art qu’une science ça change un peu des visions classiques
Superbe article!
tout est vrai…..........j’y etais…..super article bravo a vous. jean -louis ne vous a pas raconte toutes ses anecdotes…..
cordialement.
Superbe article d’un monsieur qui au cours de sa vie a cultivé son tempérament d’artiste à travers la musculation et la peinture. Aller au bout de ses envies, de ses passions sans jamais se renier, tricher avec soi même, ce à quoi j’adhère totalement.
Chapeau Monsieur Scoazec, je vous souhaite de continuer à vous épanouir selon vos modes d’expression.
sa me rapelle les histoire de mon pere quand il s’entrainer chez remond l’homme a paris avec des gas comme nubret ou kawak c’etais la bonne vielle epoque du culturisme lol en tous cas tres bonne article et bel athlete =)
INCROYABLE
Je suis sur le cul carrement…
FELICITATION !!!
Il a toujours sa salle a Aubervilliers ?
Bravo!! super acticle