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Interview de Vincent Issartel




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“Guide complet pour la prise de muscle”

Vincent Issartel se démarque du paysage habituel de la musculation par une vraie personnalité et une approche de l’entraînement que je qualifierais de franche.

Je vous propose aujourd’hui de voir qui se cache derrière ce personnage hors norme et extrêmement motivant à mes yeux afin d’élargir nos propres réflexions pour mieux progresser.

Interview en vidéo

 

1 – Présentation et parcours

Qui es-tu ?

Salut Rudy, salut à tous tes nombreux lecteurs de SuperPhysique! Je suis Vincent Issartel, fondateur de Primal Performance.

Je suis né le 6 octobre 1987, j’ai donc 28 ans, je mesure 1m78 et pèse aujourd’hui 103 kilos. Dans une autre vie j’aurais aimé mesurer 1m90 et peser 120 kilos (rires)

J’ai commencé le sport par le judo que j’ai pratiqué pendant une quinzaine d’années. C’est pour moi un sport formateur autant sur le plan physique que mental. Encore aujourd’hui je sens imprégné de ses valeurs, et j’essaye de les faire ressortir dans la gestion humaine de ma salle. Les notions de respect, de discipline sont vraiment présentes, ce qui en fait une activité physique éducative et formatrice. Sans parler du plan physique qui bien évidemment n’est plus à démontrer. J’ai aussi à mon arrivée en STAPS commencé le rugby que j’ai pratiqué 3 saisons; sans prétention particulière, mais par ce que ce sport m’a toujours passionné. Et puis en parallèle j’ai aussi fait de la boxe anglaise, du grappling, MMA.. Beaucoup de sports assez physiques!

Ma découverte de la musculation remonte je dirais à mes 15 ans, au judo justement, car nous en faisions après les entraînements, de 21H30 à 22H et le samedi matin de 10H à 12H. Surtout du développé couché, des tractions et des aller retours de tapis en “multi-bonds”. On faisait ça pour améliorer notre judo, certains n’aimaient pas, mais moi j’ai directement accroché! J’ai donc commencé à acheter Flex et Muscle et Fitness, et je faisais les programmes que je trouvais en douce à la place de ce que notre entraîneur nous demandait! Ce qui me valait des fois des remontrances (rires)! Ensuite au lycée nous avions accès à une salle qui pour l’époque me paraissait fantastique, et qui c’est vrai pour une salle scolaire était super bien équipée! Là aussi j’y allais après les cours, sur la pause déjeuner et quand je finissais plus tôt! J’étais accroc, et déjà à l’époque je donnais des conseils à tous mes potes! Je me souviens d’ailleurs avoir eu 19/20 à l’évaluation muscu. Je me souviens qu’il y avait, entre autres, un max de pompes à faire et que mon score était de 89. Ainsi que 23 avec le bras droit et 15 avec le bras gauche. C’était en première donc je devais avoir 16 ans.

En parallèle chez mes parents j’avais une barre EZ et une paire d’haltères, je faisais des curls, des tirages mentons, des shrugs des crunchs et des pompes dès que je le pouvais! Je pense d’ailleurs que mes biceps, trapèzes et pectoraux sont encore aujourd’hui des points forts en partie grâce à ces milliers d’heures passées dans ma chambre à m’entraîner.

2 – Une vraie philosophie

Tu as une philosophie bien particulière, peux-tu nous l’expliquer ?

Je ne sais pas si je saurais expliquer d’où ça vient. Comme je l’ai dit, j’ai passé énormément d’années à m’entraîner seul chez moi, été comme hiver. À une époque j’étais partagé entre essayer de faire carrière dans le coaching, la prépa physique et partir à l’étranger pour essayer de devenir combattant pro en MMA. Je passais beaucoup de temps seul dans le garage de mes parents, à faire du sac de frappes, du renforcement musculaire des circuits, etc. Une autre option que je m’étais donné en commençant le coaching, c’était d’attendre 3 ans et si ça ne marchait pas comme je le voulais, tout arrêter pour essayer d’intégrer le GIGN. Donc j’ai toujours eu cette intention de m’améliorer, de ne jamais me trouver d’excuses, et même souvent de faire passer l’entraînement avant la vie perso, avant les cours… À une période de ma vie, c’était vraiment ça! J’avais une rage en moi permanente. J’ai toujours été intransigeant avec moi même! Je vois l’entraînement comme un challenge permanent. Une manière de mettre à l’épreuve ma volonté, jour après jour.

Pas de secret, le travail à la dur: Oui je pense réellement qu’il n’y a pas de secrets. Bien évidemment il y a des méthodes de travail et d’entraînement, mais la seule vérité pour moi, aussi banale soit-elle, c’est de se faire violence, de se mettre un coup de pied au cul et de repousser ses limites. L’intensité est la clef.

Tu veux quelque chose, entraîne-toi pour, fais ce qu’il faut pour.

Je vois souvent des textes de motivation de ta part sur Facebook, exemple :  oui en effet j’aime bien de temps en temps rédiger quelque chose. Il n’y a pas de fréquence, car c’est à chaque fois spontané, soit en réaction à une discussion, à quelque chose que j’ai vu sur les réseaux, ou tout simplement qui me passe par la tête. Je crois énormément en la force des mots. J’y suis sensible sûrement, car j’ai un bac littéraire; j’ai toujours été à l’aise pour rédiger. La philosophie me passionne. Donc bien évidemment je n’ai pas la prétention d’être un philosophe, mais je sais que lire ou entendre certaines choses peut permettre de créer des déclics chez certaines personnes. Pour moi, je l’ai déjà dit de nombreuses fois, un coach c’est avant tout quelqu’un avec une personnalité et des idées. Il faut être un leader, et ça, ça passe avant tout par des choses à dire et des convictions; bien avant des abdos ou des gros pecs! J’aime à penser que les gens adhérent autant à ma façon de m’entraîner que ma façon de penser, car pour moi c’est indissociable! Je coach comme je m’entraîne et je m’entraîne comme je coach, avec du coeur et de l’intensité! Les réseaux sont un formidable moyen de s’inspirer, de s’informer et c’est en ce sens que je suis ravi de les utiliser et de partager mon univers. Mais je trouve que cela cause trop d’incertitudes chez les débutants, ceux qui sont justement à la recherche de la recette miracle! Vous lisez un programme, puis un autre qui va dire son contraire et ainsi de suite! À l’époque où j’ai commencé la musculation, donc il y a maintenant 12 ans, tout ça n’existait pas! On ne s’entraînait ni ne mangeait pour se mettre en avant, mais pour soi et c’est tout! Internet existait bien sûr, mais l’accès aux informations était moins évident, on s’entraînait avec plus de spontanéité! Il y avait beaucoup moins de concepts, de marketing! Attention, je ne dénigre pas ce qui aujourd’hui contribue à mon “succès”, mais je suis heureux d’avoir commencé la musculation avant que cela devienne un vrai phénomène de mode! C’est pourquoi, et je finirai là dessus pour cette question, plus le temps passe et plus je prends de plaisir à rédiger des petits billets, car j’ai réellement en moi cette envie de transmettre cette motivation, cette flamme qui m’anime! Je pense que la motivation est contagieuse! Je me sens bien plus proche et m’intéresse largement plus aux coachs sur le net qui parlent, rédigent des articles, discutent de l’entraînement, mais pas que, de la vie, que de ceux qui ne font que mettre en avant les signes extérieurs de richesse que sont, pour eux, une plastique, une voiture de sport, une montre et un shaker de sponsors. Il n’y a là rien de motivant à mes yeux! C’est de la poudre aux yeux pour des jeunes qui aspirent à cette même vie, mais que très très peu atteindront! Avant d’être mon métier aujourd’hui, l’entraînement pour moi ou même pour les autres à toujours été un besoin et une passion. Je pense que c’est de là que je puise ma force!

Comment on fait pour avoir des résultats ?

Ben on s’entraîne :? -Dur ?-Régulièrement

Si on veut prendre du poids ?? -On mange

Si on veut perdre du poids?-On mange moins

Les recettes miracles moi je les connais pas! Soit je suis bête, soit ceux qui vous font croire qu’il y en a sont des escrocs!

Le dépassement de soi ne s’achète ni sur Facebook ou YouTube, ni dans un livre, ni dans un magasin de prot, ni dans un magasin bio! ?Il n’est pas non plus à disposition dans les vestiaires de votre salle, qu’elle soit rustique ou luxueuse.?La théorie c’est bien, la pratique c’est mieux.?L’envie c’est bien, la volonté c’est mieux.?Avant de vouloir faire parfaitement, commencez par faire.

Les hauts et les bas font partie de la pratique, il faut juste ne pas prendre trop la confiance pendant les hauts et pas perdre toute confiance pendant les bas!

Bref, entraînez-vous!

3 – Primal Performance

J’ai créé Primal Performance il y a presque 4 ans, car je ne me reconnaissais plus dans la première société qui me représentait, Fitamines (voir après). J’ai toujours été attiré par les méthodes et les outils un peu underground, ou alors par ce qui se fait outre-Atlantique, où l’avance en terme de préparation physique est significative. J’ai créé un concept à mon image finalement; ou plutôt à l’image de mes entraînements qui petit à petit sortaient de l’ordinaire, des salles de fitness pour se dérouler dehors, avec le matériel urbain, avec des pierres. Je retrouvais la liberté, la solitude aussi, dont j’ai besoin pour m’entraîner! Avant d’être une salle, c’est un état d’esprit, une volonté de proposer autre chose, car j’ai vu sur moi que cela fonctionne! Le gorille, qui est le logo, n’est pas un hasard; je l’ai choisi, car c’est à mon sens l’animal qui rassemble le plus de qualité physique, à savoir l’agilité, la force, l’explosivité, une très grosse corpulence, mais pour autant une capacité de déplacement incroyable! Je n’avais plus envie d’être assimilé à un coach de fitness car trop assimilé à un prof de fitness, ce que je respecte, mais ne suis pas. J’ai donc décidé d’abord de proposer des sessions d’initiations et de formations pour des coachs ou juste des pratiquants, avec les différents modules qui composent Primal Performance à savoir: le ghetto workout, le bulgarian bag, les kettlebells, le strongman et le battling rope. Des outils donc, que je me suis appropriés pour me créer une sorte de catalogue de ” mouvements Primal Performance “. Et puis, il y’a presque 3 ans, j’ai décidé de pousser le truc à fond et d’aller au bout des choses, en créant la salle Primal Performance, pour réellement proposer quelque chose de différent et novateur dans le paysage des salles de sport. La motivation principale était que je refusais d’avoir des convictions, mais de me conformer à la configuration et aux humeurs des gérants de salles où j’emmenais mes clients. Je voulais être honnête avec moi et avec eux et réellement les coacher à ma manière!

Tu y es tout le temps ? Accès libre ? Du coaching ?

J’y suis quasiment tout le temps, au début à 100%, maintenant 80 je dirais, car j’ai régulièrement des sollicitations qui nécessitent que je m’absente! Le reste du temps, ce sont donc des stagiaires STAPS ou BP qui me remplacent. Ils sont mes padawans comme je les appellent, car ceux qui sont en stage ici ont vraiment voulu y être pour apprendre à mes cotés donc je prends cette tâche au sérieux, de former des jeunes qui arriveront sur le marché de l’entraînement et du coaching avec une vision différente et moins aseptisée que s’ils étaient dans une salle classique! Il y a donc deux formules pour s’entraîner: soit du libre accès, du lundi au dimanche avec comme grosse différence avec les autres salles, un conseil permanent, soit du coaching avec moi via des séances d’une heure bien entendu moyennant une tarification autre que l’abonnement.

Quelle est l’ambiance ?

L’ambiance est géniale, car familiale, un peu comme un vestiaire de sport, un peu comme une famille! Mais le mieux pour répondre à cette question serait de demander aux adhérents. Mais je peux vous assurer qu’on rigole du matin au soir, que l’on s’entraîne sur du rap US comme sur du Claude François, mais toujours très dur et, j’y accorde une importance particulière, dans le respect des autres! Tout le monde a débuté un jour donc le respect des débutants est primordial! Contrairement aux idées reçues, Primal Performance est une salle ou 80% des adhérents n’avaient jamais fait de musculation avant, 30 % sont des femmes. Mais je suis sûr d’une chose, c’est que le niveau global de la salle est bien plus élevé que dans les autres salles! Ce n’est pas de la prétention. Simplement par ce que tout le monde bosse dur!

Fitamines avant ? C’était quoi ?

Fitamines, c’était le nom de ma première société de coaching, lorsque je me suis lancé sur le marché du travail. C’est la contraction de fitness et vitamines. Avec mon meilleur ami qui dirige la boîte de com’ à l’origine de tous mes projets, nous trouvions ça assez évocateur. Rien à voir avec Primal Performance, l’idée était de coller aux standards et clichés du coach à domicile, mais rapidement je me suis senti à l’étroit dans cet uniforme et je ne le trouvais pas représentatif de l’image que je véhiculais. Mais d’un point de vue commercial et marketing je trouve le site et tout ce qui va avec vraiment au top et toujours dans le coup! N’hésitez pas à aller jeter un oeil, le site est toujours en ligne!

Formation personnelle aux US ?

Non je n’ai pas suivi de formation aux US. J’ai été m’entraîner là-bas en sports de combat et cette année j’ai visité quelques salles de Floride. Je vois souvent des formations auxquelles j’aimerais m’inscrire, mais ce n’est pas toujours simple avec la salle, les coachings, etc.. Heureusement je continue de lire beaucoup d’articles, livres, publications, mais ma grande résolution pour 2016 sera de rendre visite à quelques personnes que je suis sur les réseaux et qui ont, je pense, énormément de choses à m’apprendre. Sachant que pour moi apprendre ce n’est pas oublier tout ce que l’on sait, c’est actualiser ses connaissances! Et parfois, une discussion peut changer votre façon de penser, une phrase même, peut vous sortir d’une impasse intellectuelle. Pour mon métier, j’ai toujours plus appris des gens que des salles de cours. Une fois les basiques et fondamentaux, que sont la physio, l’anatomie, la bioméca acquis il reste le plus important… l’expérience! Et c’est sur le terrain qu’elle se trouve!

4 – Qui es-tu ?

Comment te définirais-tu ?

C’est difficile comme question! Mais je dirais comme un passionné! Avec les qualités et les défauts que cela implique! J’aurais aimé être prof de philo, ou médecin. Je pense vraiment aimer les autres. Je suis devenu coach, déjà par passion de l’entraînement comme je l’ai dit, et également, car il y a une forte opportunité de vraiment se sentir utile. Coacher des gens c’est de l’individualisation ; c’est discuter, échanger, connaître les gens, qui souvent se livrent à toi, ce qui est normal quand tu vois quelqu’un plusieurs fois par semaine. En aucun il faut se dire que coacher c’est réciter des programmes, faire un cours d’anatomie ou juste tenir un chrono ! Et sinon, je n’aime pas la médiocrité et le manque d’ambition.

Fais-tu de la musculation sportive ?

Je ne sais pas ce que tu entends par là! Je définirais plus ma façon de faire comme de la préparation physique dans le sens où je prône un développement de toutes les qualités physiques, ce qui ne passe pas forcément par la musculation.

Du Cross Training ? Du Crossfit ? Sponsorisé Reebok ?

Cela rejoint un peu ce dont je parlais tout à l’heure avec ces nouvelles tendances et cette obligation de mettre un nom sur ce que l’on fait! Donc non je ne fais pas de CrossFit! Ni de Cross Training. Je fais du Primal Performance. Certains jours cela va ressembler à de la force athlétique, certains jours à du cirque (qui est peut être pour moi la discipline qui fait les athlètes les plus remarquables) , d’autres fois cela n’aura pas de nom. Je pense plutôt que je fais de la performance au sens large. J’ai besoin que ce soit dur et ludique! D’ailleurs, dur n’occulte pas la notion de plaisir! Au contraire! Et ludique, car la finalité c’est d’être physiquement meilleur qu’hier, mais en se faisant plaisir! Oui je suis sponsorisé par Reebok, donc ambassadeur France pour la marque. C’est une grande fierté, déjà car c’est une marque de renommée mondiale , mais surtout, car le caractère hybride de mon entraînement et de mon concept ne m’inclut dans aucune case alors qu’ils sont entièrement liés et assimilés au CrossFit, à LesMills ou l’UFC! Mais je pense que la philosophie qui est la leur au travers de leur excellent slogan “Be more human” caractérise totalement le concept Primal Performance! Je suis donc fier de faire partie de cette team coach/préparateur physique qui représente cette marque.

Quels sont tes objectifs personnels ?

Etre heureux! Aujourd’hui je le suis, dans ma vie perso comme professionnelle. Le jour ou ce que je fais ne me plaît plus, j’arrête! Il y a tellement de choses à faire qu’il est dommage de se forcer!

Que cherches-tu à faire ?

D’un point de vue pro je cherche à développer le concept Primal Performance, l’objectif étant d’ouvrir d’autres salles, avec des coachs que j’aurai formés.

Quelle est ta méthode ? Elle s’affine au fil du temps ? Quelles erreurs as-tu commises depuis tes débuts ?

Je dirais que ma méthode évolue en permanence. Au départ elle était brouillonne puisque j’étais novice, donc forcément je faisais des erreurs ; j’en faisais trop ! Mais là où certains diraient que c’était du surentraînement, je dirais plutôt que c’était un manque de bagage. Car pour moi le surentraînement ne peut pas réellement être quantifié, car il dépend purement de l’individu. Donc après cette phase de découverte/transition, je suis passsé par peut-être 3 ans vraiment sérieux, de planification permanente, d’abord sur un découpage body avec un groupe musculaire par jour, le tout alterné avec mes entraînements de judo/boxe ou rugby.. C’est pourquoi je pense que j’ai conservé beaucoup d’aptitudes athlétiques, car je n’ai jamais arrêté réellement de pratiquer en dehors de la fonte. Actuellement ma méthode est plus basée sur des objectifs à court terme, améliorer une perf en particulier par exemple récemment le DC ou j’ai voulu atteindre les 160kg, chose faite il y a une semaine. Là je vais essayer de remonter mon squat au-dessus de 200. Mais étant donné que je refuse de perdre tout le reste à savoir la condition physique et certains mouvements de poids de corps, forcément ma progression est plus lente. Mais ça ne me pose aucun problème, car j’ai toujours plaidé la polyvalence et c’est l’essence de Primal Performance. Après je garde un schéma relativement similaire toute l’année, à savoir 2 séances jambes, 2 séances répulsions, 2 séances tirages et 1 ou 2 séances condition physique par semaine. Et suivant les périodes et objectifs je modifie le ratio pour passer à 4 séances de condition physique au détriment de soit du développé soit du tirage. Disons que j’essaye vraiment de tout le temps maintenir 2 séances jambes, car j’adore ça et que pour le développement athlétique général il n’y a rien de mieux c’est bien connu ! Ce que j’affine avec le temps c’est avant tout de me connaître, de connaître l’impact de telle ou telle séance sur moi. L’exécution des mouvements forcément s’améliore avec le temps, ainsi que mon catalogue d’exercices que je fais en sorte d’étoffer régulièrement. J’adore utiliser un outil d’une manière non conventionnelle. Pour continuer à progresser en tant qu’athlète et coach, il est nécessaire de toujours se remettre en question, ce que j’essaye de faire constamment. Certaines fois j’ai tendance à trop m’entraîner en début de semaine quand je sens que j’ai vraiment du gaz, et du coup à partir du mercredi je suis naze ; donc maintenant j’essaye de me contenir ! (rires)

Des blessures en particulier ? À cause de quoi ?

Alors mes blessures majeures remontent à l’époque ou je pratiquais des sports en club. Au judo je me suis luxé un coude en compet, qui était parti dans l’autre sens c’était assez chaud je me souviens. Au rugby de entorses aux deux genoux, dont une assez grave. Une main cassée en boxe. Je crois que c’est tout ! Et en muscu, des tendinites aux épaules à mes débuts à cause d’un abus de développé couché (rires). Et l’année dernière une inflammation de l’acromion gauche toujours à cause de ce foutu développé couché ! Car étant donné que je le fais quasiment tout le temps en prise serrée, cela met beaucoup plus de contraintes sur les épaules. Ça m’a quand même valu deux infiltrations, 3 mois sans répulsions, 6 mois sans développé couché. Je touche du bois ça semble bel et bien fini ! Donc d’une manière générale je ne me plains pas, car je suis assez épargné malgré ma pratique jugée dangereuse ( ce qui n’est pas mon avis, car encore une fois la dangerosité est purement subjective). Je pense que le gainage que je fais tout le temps, de différentes manières, m’aide énormément à rester solide et permet d’éviter les blessures. Même si bien sûr nul n’est à l’abri.

Tes inspirations personnelles ?

Mes inspirations sont multiples et majoritairement pas de la musculation. J’admire les grandes réussites sportives, surtout Mike Tyson. Sinon j’aime beaucoup Jonny Wilkinson pour son humilité et son goût immodéré pour le travail. Et sinon Klokov aussi, car même s’il n’est pas le meilleur à son poids, il a su rendre l’haltérophilie attrayante même pour des non pratiquants ! En partie je pense grâce à un physique vraiment incroyable et une régularité dans ses perfs durant ses séminaires. Sinon pour ce qui est de Youtube, j’aime beaucoup Elliott Hulse et Ross Enamait.

L’importance de la mobilité ? Fais-tu des séances exprès ?

Je ne fais jamais de séances exprès. J’ai conservé du judo une bonne souplesse sur pas mal de mouvements. Mon dos est assez fort et souple. Pour le squat j’ai beaucoup progressé sur mon amplitude cette dernière année grâce au rest pause. J’en fais beaucoup et forcément rester plusieurs secondes en position basse avec 180 kilos ça fait gagner des centimètres ! (rires), Mais je ne te cache pas que je sens la trentaine arriver et que j’ai plus besoin de m’étirer qu’il y a quelques années ! Ça ne reste que 5 minutes avant les grosses séances, mais ça avant je n’en avais même pas besoin !

Quel est ton but ?

Mon but premier est de continuer à représenter au mieux l’image de Primal Performance, donc en gardant cette polyvalence si chère à mes yeux ! Le physique non ce n’est pas du tout ma priorité. Pas par ce que j’ai envie d’être dégueulasse, mais par ce que je me suis rendu compte que lorsque l’entraînement est dur et cohérent, les résultats sont là d’un point de vue esthétique. Surtout si l’alimentation suit. Donc je préfère essayer de devenir une machine comme tu dis, ce qui ne veut pas dire grand-chose, si ce n’est repousser sans cesse mes limites. Pour les compétitions pour l’instant non, car comme je l’ai dit plus haut j’aime trop faire plein de choses ce qui me pénalise dans la spécialisation. Peut être du strongman, mais rien de prévu pour le moment. Mon objectif premier reste le professionnel avec le fonctionnement de ma salle, les coachings et le développement de Primal Performance tant sur internet que sur la création de salles. J’arrive à rester motivé quoi qu’il arrive pour m’entraîner même sans avoir d’échéances, car m’entraîner n’est pas une contrainte, je ne le fais pas pour paraître beau, je le fais juste, car j’aime me mettre dans le rouge et que cela contribue à mon équilibre.

5 – Ton alimentation

Comment manges-tu ?

Hahahah ! La fameuse question qui me revient souvent en MP ! Comment je mange ? (rires) Et bien là encore, rien de défini, rien de planifié ! En tout cas pas toute l’année ! J’ai eu ma période ultra stricte, quand j’étais plus jeune en mode vraiment construction musculaire. Je me souviens que dans le bus je mangeais, je me préparais des shakers avec de la créatine et du jus de raisin en petites briques, tout le monde me regardait bizarrement. (rires). Aujourd’hui je ne me casse plus la tête outre mesure. Je ne mange pas ultra sain, mais je ne mange pas mal. Disons que je me connais et que vu l’intensité de mes entraînements et la longueur de mes journées, je peux me permettre des écarts. Le matin en général c’est 5 oeufs, avec 3 bonnes cuillères à soupe de confiture d’abricot, avec soit des mueslis bio, soit des bananes, ou des fois de la brioche (rires) ainsi que du lait d’amande. Le café je le bois 30 minutes après avoir mangé.

Le midi c’est vraiment aléatoire, car cela dépend de ce que je fais. La plupart du temps je suis en coaching, ou en tout cas à la salle. Donc je mange souvent à 14h quand la salle ferme. Je l’avoue je ne suis pas un adepte des « meal prep », donc je mange souvent rapidement. Globalement c’est correct, avec une source de glucide, viande et j’essaie de rajouter un peu de légumes ; mais ça arrive aussi que ce soit un sandwich en voiture, ou un resto ! Et le soir je mange très tard aussi, environ 22h après la salle et mes derniers coachings. Ça ressemble aux repas du midi, même si c’est souvent différent. En ce moment je ne fais pas trop gaffe, car je voulais remonter au-dessus des 100 kilos, donc je m’autorise des choses interdites (rires), comme des pizzas, des pates, et même du sucré.. Bref, pour résumer, je ne mange jamais la même chose, ou très rarement. Ce n’est jamais trop exagéré, mais ce n’est pas non plus optimal si on se focalise sur l’apparence, mais ce n’est pas mon cas vous l’aurez compris. Disons que je me connais bien, et que le miroir ne trompe jamais ! Donc je trouve que j’ai trop grossi je réduis les quantités ! À l’inverse quand je me trouve tout plat pendant une séance, ou que je fais un entraînement pourri, je m’énerve sur la bouffe ! (rires) !

Lactose, gluten… ? Cheatmeal ?

Lactose très très peu ! Pas de lait ! Un yaourt tous les 15 jours on va dire. Le gluten je ne m’en soucie guère. Même si encore une fois, je ne mange que très rarement du pain blanc, des pâtes cela reste occasionnel.. Mais à l’inverse je ne me bloque pas là-dessus. Je fonctionne à l’envi, donc si je veux manger quelque chose, je le mange et point barre. Après là je généralise un peu ; bien entendu il y a des périodes dans l’année ou je fais vraiment gaffe. Mais la fréquence et l’intensité de mes séances, la longueur des journées et la constante activité font que je peux me permettre un certain confort ! Après si un jour je fais une compète de model fitness peut être que…..non je plaisante ! (rires)

Des suppléments ?

Alors le matin je prends : oméga 3, vitamine D, complexe multi vitamines et bambou. Un pré workout avant l’entraînement sur les séances lourdes ; en gros, pas pour les séances poids de corps. En intra séance, BCAA + glucides. Et en post séance rien en ce moment mis à part une ou deux bananes. Et en journée de la whey mais de moins en moins. Des barres de prot parfois. Sinon du grignotage ! (rires)

Les cheatmeal oui !! Je n’ai pas de date ou de jour fétiche ! C’est encore une fois quand j’ai envie. Quand je suis dans une phase ou je fais attention, je peux vraiment m’en passer pendant plusieurs semaines, aller au resto avec des gens qui mangent des burgers, je m’en fou.

La diète, c’est simple : effectivement ce n’est pas si compliqué que ça ! Après je pense que tous les principes que j’applique pour moi, de feeling entre guillemets, ne sont valables qu’après un certain nombre d’années de pratique et d’expérience. Comme je l’ai dit plus haut, il y a quelques années je faisais vraiment attention, j’étais focalisé sur l’objectif de prendre de la masse, avec des repas draconiens, et ce durant des mois. Je voulais vraiment prendre du muscle, donc la rigueur était de mise. Maintenant je ne suis plus focalisé sur les mêmes choses. Mon apparence n’est plus mon curseur ; mes performances le sont. Donc quand je me sens faible sous une barre, je mange. Quand je me sens trop lourd sur des circuits, que mon cardio est mauvais, je me serre la ceinture jusqu’à retrouver des sensations. Mais maintenant que je suis à 100 kilos, depuis l’année dernière, je n’ai pas trop envie de redescendre (rires).

6 – L’envie de transmettre

Diplôme de Préparation physique, 4trainer… : L’envie de transmettre OUI !!! Un coach qui ne l’a pas n’est pas un coach ! Je suis actuellement formateur strongman pour Formasport, un institut de formation de PP lyonnais. 4Trainer également ou j’interviens sur les Pro Training Sessions pour animer des ateliers en lien avec le matériel que j’ai l’habitude d’utiliser à savoir les kettlebells, sacs de force, cordes, etc.. J’ai été également 3 ans de suite prof vacataire à l’UFR STAPS de Dijon avec des licences entraînement afin de leur parler de mon expérience professionnelle, de mon vécu, et les aider à se construire un projet pro. Je me rends vraiment compte qu’il y a un fossé entre la fac et la vraie vie. Les étudiants ne s’en rendent pas compte, mais une fois diplômés, si ils ne se forgent pas une expérience de terrain en parallèle, il sera très dur pour eux de s’insérer sur le marché du travail, ou en tout cas de se démarquer et d’avoir une crédibilité. 

Je ne suis pas instructeur, ni pour l’armée, ni pour le GIGN comme j’ai pu le lire. Même si j’ai une expérience certaine des sports de combat, en aucun cas je ne me prétendrai instructeur de boxe, combat ou je ne sais quoi ! Je déteste les imposteurs et je suis pour le « à chacun son métier ». J’en vois trop qui se font passer pour ce qu’ils ne sont pas et ça me donne autant la gerbe qu’un fou rire !

On te voit un peu partout dernièrement, c’est venu comment ?

Il est vrai que depuis un an et demi je fais pas mal de choses et que je suis assez sollicité.  C’est, je pense le fruit d’un travail de longue haleine qui dure depuis maintenant presque 6 ans. Je ne fais aucune démarche, car je préfère être sollicité. Non pas par ce que j’ai la grosse tête, mais par ce que cela veut dire que les personnes qui te sollicitent ont envie de bosser avec toi. Je reçois beaucoup de messages de jeunes qui débutent et qui veulent se faire sponsoriser, rentrer en contact avec telle ou telle marque… Mais il faut bien comprendre qu’on ne met pas la charrue avant les boeufs ! Pourquoi vouloir les lauriers avant même d’avoir prouvé quoi que ce soit. L’année dernière j’ai pas mal voyagé, je coachais des personnalités russes, mais là encore cela s’est fait sur recommandation ; ce n’est pas le genre de contrat pour lequel tu postules. Donc, ne prenez pas le problème à l’envers ! Faites du bon travail et vous serez récompensé tôt ou tard. Ce qui fait que petit à petit ma popularité monte c’est que je garde depuis toujours ma ligne de conduite, sans chercher à me fondre dans la masse, que je suis régulier et que j’avance. Ainsi les gens qui apprécient mon travail continuent de me suivre. Je l’ai dit il y a quelques jours dans un statut Facebook et je pense que cela résume bien mon point de vue : à vouloir plaire à tout le monde on plaît à n’importe qui, et ça je ne veux pas. Je préfère garder mon identité, ma façon de concevoir l’entraînement et tout ce qui va avec. Tout ce qui va avec car pour moi c’est indissociable. 

Je suis content d’être reconnu pour ce que je fais, car je le fais avec passion. La passion est contagieuse et ça les gens le sentent. Quelqu’un de passionné, de régulier, inspirera confiance et donnera envie aux autres de le suivre et de lui faire confiance ; que ce soit un sponsor ou un client.

7 – Conclusion

Des projets bien évidemment, mais je n’aime pas en parler tant qu’ils ne sont pas concrétisés ! Ce qui est sûr c’est que je veux continuer à inspirer les gens qui me suivent, et faire grandir Primal Performance, car je crois en la force de ce concept, et je crois aussi qu’il faut proposer autre chose aux gens qui veulent se remettre en forme que cours collectifs et des salles qui se ressemblent. Il faut donner confiance aux gens et leur montrer qu’ils peuvent prétendre à mieux que perdre un ou deux kilos. Seulement sans individualisation on ne peut prétendre à plus que quelques kilos en plus ou en moins. De plus, je parle souvent de mouvement et non de muscle, car c’est pour moi fondamental. Cette approche rend réellement les gens plus « capable de » et c’est là le fondement de la préparation physique. Alors même si la plupart de mes clients ne pratiquent pas de sport en club, je veux qu’ils ressentent un transfert vers leur vie de tous les jours. Donner les moyens aux gens ce n’est pas leur donner des tapis de course à 15 000 euros avec un écran et 100 films dessus ; mais plutôt leur donner confiance, les challenger, les confronter à eux mêmes.

Ça c’est mon projet principal ; prêcher pour ce en quoi je crois !

Pour le reste il faudra continuer de me suivre si vous voulez savoir la suite ! (rires)

Le mot de la fin ?

Je pense avoir dit déjà pas mal de choses, je ne sais d’ailleurs pas si tout le monde aura tenu jusqu’au bout (rires).

La motivation est effectivement quelque chose qui me passionne. C’est je l’avais déjà dit, c’est comme une flamme qu’il faut entretenir ; non sans mal parfois, mais qui ne doit pas s’éteindre quoi qu’il en coûte. La route vers la réussite, qu’elle soit sportive, professionnelle, amoureuse, n’est pas droite et toute tracée, il faut constamment faire des efforts, se remettre en question. Il faut se protéger et à la fois se mettre en danger.

En musculation puisque c’est le sujet de la discussion, je crois qu’il faut avant tout s’écouter, se concentrer sur ses propres sensations, et surtout s’armer de patience ! On est jamais assez musclé, jamais assez fort, jamais assez volumineux, jamais assez sec, que l’on soit débutant ou pro IFBB.

Comme dans la vie, on à l’impression que l’on n’est jamais assez heureux, jamais assez riche, jamais assez aimé...

Alors bien évidemment on peut faire mieux, avoir plus, mais il faut toujours se demander si le jeu en vaut la chandelle, si on sera réellement plus heureux après.

Si les choses sont faites avec passion, elles sont forcément bien faites, ou presque ! Donc investissez-vous dans tout ce que vous entreprenez, à fond, avec tout votre coeur, et vous serez récompensé.

Je terminerai donc sur cette phrase de Kobayashi sensei, le fondateur de l’Aïkido, que mes adhérents connaissent bien, car elle est affichée sur tout un pan de mur de la salle et qui résume à merveille ma pensée et ma ligne de conduite journalière : « Pratiquez en y mettant l’âme ».

Merci à toi Rudy pour m’avoir donné l’opportunité de me dévoiler un peu, merci à tous ceux qui me liront d’avoir été au bout. Je vous donne tous rendez-vous sur ma page Facebook et Instagram et surtout chez moi à Primal Performance.

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