Sébastien Bême : interviewDans cette page : Qui est-il ? Son point de vue sur la génétique, la vérité en musculation et qu'est-ce que le Static, thème de son livre. A propos de l’auteur de l’article/interviewer :
Rudy Coia est coach perso musculation/diététique depuis 2006 et fondateur du site SuperPhysique. Il a coaché avec succès des centaines de pratiquants. IntroductionBeaucoup de membres des forums connaissent Sébastien Bême sous le pseudonyme Seb33 sur les forums. À l’occasion de la sortie de son livre Le Static : nouvelle technique d’entraînement, afin d’en faire la promotion, nous allons essayer de savoir qui se cache derrière ce pseudo et de quelles réflexions découle sa “technique” d’entraînement. Le texte ci-dessous n’est pas un transcript exact du podcast, mais un résumé. 1 – Qui est Sébastien Bême ?Actuellement je fais 1m74 pour 69 kg et j’ai 38 ans depuis quelques jours. Au niveau emploi, je suis entre deux, puisque je me suis licencié de mon entreprise que nous allons fermer suite aux choix gouvernementaux sur le solaire. J’ai actuellement deux pistes, je choisirai celle qui sera la plus prometteuse d’ici 1 an et demi :
Au niveau étude, rien de bien génial : j’ai fait trois ans en STAPS pour passer DEUG et Licence en un seul package (contrat avec l’université grâce à mon niveau d’alors en Athlétisme, qu’ils appellent haut niveau, mais pas haut niveau pour la fédération). Il m’a manqué l’UV langue. Lorsque j’ai voulu valider le tout après dix ans, trop tard puisque les UV ne sont valables que cinq ans. Au niveau sportif, j’ai commencé par le Jeu à XIII (le pendant professionnel du rugby à 15 à l’époque, puis en montant sur Paris, j’ai fait de la gymnastique, du judo, de l’athlétisme (beaucoup, en commençant par le demi-fond pour finir au sprint en vieillissant), de la boxe française, du volley-ball, et de la natation (plutôt en sport détente, sauf l’année des tests pour le STAPS où j’ai dû m’employer un peu plus) 2 – On a bien trop souvent des excuses2-1 : Tout le monde peut courir en 11’’ le 100m ?Oui, je le pense sincèrement. Cela n’arrive pas en deux mois d’entraînement. Il faut s’y employer comme nous le faisons sur le forum, avec une réelle implication, des entraînements structurés et quelques années de pratique. Mais tout le monde, à mon sens, est capable de faire 11’’ manuel. Cela n’implique pas que tout le monde peut être un grand sprinteur, mais tout le monde peut atteindre un petit niveau régional. On n’y arrive pas en faisant deux footings et une séance de sprint par semaine. C’est clair. Tu m’as orienté vers une correspondance en musculation. Je pense que 150 kg au squat est un bon équivalent. Il mériterait peut-être d’être précisé, mais l’idée me semble bonne. Je vois autant de gars faisant des vrais squats à 150 kg que de gars courant le 100m en 11’’. La différence entre les deux est le poids du corps qui joue un rôle très important. Mes 150 kg pour moi n’aurons pas la même valeur qu’un 150 kg pour un athlète pesant 15 kilos de plus. Il ne faut pas non plus omettre la notion de charge sur le dos. C’est, pour un pratiquant lambda, quelque chose de limitant au niveau psychologique, faisant qu’il n’osera pas charger autant qu’il le pourrait. 2-2 : La génétique est-elle une fausse excuse ?Oui et non. En partant du principe qu’une personne n’a pas de soucis de santé particulier ou de malformations génétiques, oui la génétique est pour moi une fausse excuse. Tout le monde peut progresser. Tout le monde ne peut pas atteindre le haut niveau, mais tout le monde peut faire mieux que l’année précédente, et encore mieux l’année suivante. La génétique, ou la morphologie ne sont que des obstacles induisant une personnalisation du training, mais ce n’est pour moi, en aucun cas un frein à une progression. Le tout étant de savoir jusqu’où peut aller cette progression. Et là, mystère… Juste un exemple : si la morphologie était un facteur limitant et devant engendrer une prédétermination, je ne donnerai pas cher des possibilités de Mickael Johnson, malgré la réussite sportive que nous lui connaissons au 200m et 400m. Mais il a su faire fi de cela et appliqué sa foulée. Pour anticiper une question suivante sur THE VERITE, il a dû appliquer des règles anatomiques, physiologiques dans son entraînement, mais il a adapté leur application à ses possibilités physiques. 2-3 : Et l’âge alors ?L’âge n’est plus pour moi un facteur limitant de progression. On ne fera pas un record du monde du 100m ou du squat à 50 ans, c’est évident. Mais une progression est toujours possible dans une ou l’autre des qualités. Dans mon idée, ou plutôt dans ma philosophie de vie, le corps et l’esprit humain sont beaucoup moins limités que l’on ne le pense. Nous pouvons faire des performances beaucoup plus importantes que nous le faisons habituellement (je ne parle pas des sportifs de très haut). Ainsi, souvent, nous n’atteignons pas notre apogée durant nos belles années. Si tu as un maxi limite à 300 kg au squat et que tu atteints 200 kg à 35 ans par exemple. Ce maxi théorique baissera avec l’âge, mais ta courbe de progression est toujours possible vers ce nouveau maxi jusqu’à ce qu’il y ait regroupement des deux. Quand a-t-il lieu ? Je ne le sais pas, puisque personne n’est capable de définir exactement le potentiel de chacun dans chaque sport. On arrive à définir une limite théorique en fonction de l’expérience (anciens athlètes) mais qui ne bénéficiaient pas des compétences actuelles. En 1968, à Mexico, qui aurait pu prévoir que nous serions plus proches des 9’’5 que des 9’’8 au 100m (toute aide chimique omise). 3 – Existe-t-il une vérité ?3-1 : Tes messages sur le forum le font penser. Certitudes d’avoir raison ?Je réponds, paradoxalement, à très peu de messages par rapport au nombre de questions posées. Mais je suis mes sujets, donc je réponds rapidement aux suites, ce qui donne une impression de volume, mais c’est très ciblé. Ainsi, je réponds aux questions où je pense avoir une réponse (une réponse, pas LA réponse). Et, dans ma manière de vivre, je suppose que j’ai réfléchi en amont (cela se compte en jours, semaines, années). Donc, sauf si on me démontre le contraire, je pars du principe que j’ai raison. Et je ne vois malheureusement pas beaucoup d’arguments, donc j’ai raison. Maintenant, lorsque je réponds à une question, je réponds à cette question et un peu en périphérie. Cela n’implique pas une vérité universelle, mais une vérité ponctuelle sur une question, un point de vue par rapport à des postulats et non un point de vue par rapport à la pratique globale. 3-2 : Existe-t-il donc plusieurs vérités ?Oui, bien sûr. Il y a des bases que l’on ne peut éliminer pour le plaisir (les bases scientifiques comme l’anatomie, la physiologie, etc. qui ne pourront être remise en cause que par des études réelles et non des suppositions), mais après, la mise en application est subjective. L’expérimentation nous montre la voie d’une vérité possible, mais qui est toujours la vérité du moment (pas celle d’il y a dix ans, ni celle de dans dix ans). Ensuite, et c’est le principal, chaque pratiquant est unique. Il se doit de respecter quelques principes de bases, il se doit d’entraîner toutes ses qualités (force, endurance, souplesse, diététique, coordination, mental, etc.) pour arriver à extraire son potentiel dans l’une d’elle (la prise de masse par exemple). Mais, comme tout le monde ou presque le pense, le maillon le plus faible sera la limite à la progression. Il faut élever les maillons faibles pour potentiellement élever son objectif. Après, pour connaître la recette miracle, c’est à chacun de la définir en fonction de son vécu, son physique (là nous prenons en compte la génétique, la morphologie, etc.) pour en choisir les ingrédients à travailler, les quantités de chacun d’eux pour optimiser le tout. 4 – Le Static, c’est quoi ?4-1 : Comment t’es venu l’idée ? C’est quoi ?Je vais essayer de ne pas ré-écrire le livre… en gros, je lis tout ce que je trouve sur Internet, le bon, le moins bon et le mauvais. Je suis tombé par hasard, il y a une quinzaine d’année (je crois) sur la méthode Sisco. Je mets tout de suite une barrière : c’est pour moi une arnaque commerciale comme il en existe beaucoup en musculation ou en régimes miracles. Néanmoins, l’idée générale m’a plu et j’ai creusé. J’ai recherché, en partant de la méthode, les implications possibles. Cela a amené très loin dans les recherches, d’une classification différentes des fibres musculaires à une recherche de possibilité d’action sur les hormones, etc. Lorsque j’ai été content du résultat, j’ai refait le chemin inverse pour voir si cela tenait la route. C’est-à-dire que d’un mouvement, j’ai désossé les implications et j’ai essayé de trouver à chaque fois le chemin optimal en fonction des connaissances du moment (et de mes modestes capacités de compréhension bien sûr). Cela m’a reconduit au Static, mais avec une application différente. Non plus une méthode, mais une technique à ajouter au training, au même titre que le concentrique, l’isométrique, la pliométrie, etc. Ce n’est pas une recette miracle, mais un plus nouveau permettant d’élever les limites habituelles (celles d’il y a dix ans en termes de barrières psychologiques ou unanimement reconnues). Ainsi, au final, l’idée du Static est que nous devons pousser une charge maximale. Cette charge maximale ne peut être atteinte que durant une contraction concentrique. La charge la plus lourde que nous pourrions pousser est un mur, mais il ne bougera pas malgré toute notre force. Là, comment savoir si nous ne nous sommes pas reposés durant la poussée, si nous avons réellement poussé aux limites de nos possibilités du moment ? Impossible. Donc l’idée est de mettre cette charge sur une barre, de dimensionner cette charge de manière à ne pouvoir la déplacer que sur 1 cm par exemple. Elle est tellement lourde que si je me relâche ne serait-ce qu’une demi seconde, elle chute. Là, je suis sûr d’avoir travaillé à 100% de mes possibilités du moment. La mise en application est bien sûr sécurisé (1 cm de mouvement implique que la charge reste au niveau des taquets, donc elle ne tombe pas, elle se repose sur ses supports). À côté de cela, nous savons (cela fait partie des impératifs naturels, physiologiques) que nous avons, dans chaque muscle, des fibres musculaires qui ne travaillerons qu’à partir d’une intensité électrique donnée. Cette intensité est donnée par la charge (une charge = une réponse électrique du système nerveux). Avec des charges pareilles, nous adressons des intensités très hautes, faisant travailler des fibres ne travaillant jamais. Nous imposons également une coordination très importante (contentions, réflexes musculaires, etc.). Ces fibres font donc s’adapter (renforcement des protéines, augmentation des usines à énergies, etc.). Nous ne pourrons pas (vérité du moment qui sera peut-être un jour dépassée) changer l’intensité nécessaire à son excitabilité. Mais elle participera à la raideur naturelle du muscle, un peu comme pour un levier où nous modifions l’épaisseur ou les composants pour en augmenter la capacité de supporter plus de charge. C’est l’idée du Static. C’est totalement différent de l’isométrie habituellement décrite. Là, il s’agit de tenir une position donnée, avec des charges inférieures aux charges maximales. Le muscle va opérer une série de contraction-relâchement des muscles agonistes et antagonistes, de manière à maintenir la position. Il n’y a pas de volonté de mouvement. Nous ne travaillons ici que la filière énergétique et la coordination intra et extra-motrice (coordination entre les muscles moteurs et les muscles antagonistes). 4-2 : Est-ce que comme l’isométrie, on ne progresse que une portion du mouvement ?Comme pour toute technique, elle ne sert à rien en elle-même. Il faut la redynamiser, c’est-à-dire la suivre d’exercices spécifiques à notre objectif. Prenons l’exemple du sprint puisque nous avons commencé avec lui. La musculation ne fera pas courir plus vite. Au contraire, on va s’empater, se rigidifier ; Il faut faire du travail spécifique à la suite de la musculation pour apprendre à notre corps comment utiliser cette nouvelle qualité que nous travaillons. Ici c’est pareil : le Static ne fera pas pousser plus lourd (de manière significative). Mais son utilisation élèvera le potentiel. Charge à chacun de bien travailler à côté pour atteindre ce potentiel. Un exemple flagrant en athlétisme. Souvent, sur les stades, lorsqu’une personne décide de parfaire sa préparation physique avec de grosses séances de musculation, nous entendons : “c’est bien, tu vas progresser, et surtout l’année prochaine tu vas tout arracher” (entendre arracher par rapport au griffé des pointes du sprinteur sur la piste). Cette image est édifiante en deux sens : premièrement, nous comprenons bien qu’il faut un temps de réadaptation après un travail non spécifique ; deuxièmement, les entraîneurs d’athlétisme (en France surtout) ne sont pas encore au top au niveau musculation, qu’ils ont encore besoin d’apprendre à non pas la mise en application de la musculation, mais le transfert (d’où, peut-être la différence de niveau entre les français et les autres nations du sprint). 4-3 : Comment mettre le Static en pratique ?Au niveau pratique, il y a une période de test. Pour moi, elle a duré deux mois environ. Elle permet de trouver ses charges (nous ne pouvons mettre des charges hors normes en claquant des doigts, le corps se protège par crainte, en utilisant au maximum les muscles antagonistes limitant la démonstration de force). Il y a aussi l’effet psychologique à effacer. Cette période de test n’est pas perdue, puisque l’on y utilise déjà des charges plus importantes que d’habitude. Ensuite, pour la pratique pure, aujourd’hui, lorsque je fais une série en Static, je l’enchaîne toujours avec un exercice explosif et peu lourd. À la fin des séries, je me fais 1 ou 2 séries légères en parfaite exécution et en refaire maximale de la contraction. Je redynamise. Le bodybuilder utilisera d’autres redynamisations, le sprinteur aussi, le nageur aussi, etc. Après, je fais la suite de mon training où je travaille d’autres qualités (résistance, endurance, force, souplesse, etc.). C’est le tout qui fera le résultat, pas la formule miracle à l’intérieure. 5 – Le Static : ton livre5-1 : Que retrouve-t-on dans ton livre ?Tout d’abord, il s’agit d’un petit livre de 136 pages au format A5. Ce n’est pas un de mes pavés habituels. J’ai presque divisé par le nombre de pages initiales de manière à vraiment donner que le nécessaire pour la compréhension afin de limiter les parasitages de notions étrangères au sujet. On le retrouve au format papier de qualité (je collectionne les vieux livres, j’ai donc voulu un livre qui durera) ou au format pdf optimisé pour les liseuses type Kindle sur le site de mon association : l’Association Des Auteurs Indépendants Pour ce que l’on y trouve, je propose un lien où vous pouvez télécharger les 18 premières pages, ainsi que le sommaire, permettant d’avoir un réel avant-goût (mais sans la solution finale). Indépendamment de cet extrait, le livre comprend absolument tout ce dont je me suis servi dans ma réflexion, mais rien de plus. C’est-à-dire que j’aborde les thèmes de l’anatomie, de la physiologie, un peu d’hormonologie, bio-mécanique, etc. Mais sans rentrer dans les détails, juste le minimum vital. Le dernier chapitre, est une synthèse de cette colonne vertébrale de postulats qui naturellement amène au Static tout comme notre colonne amène à notre tête (sauf problème de royauté durant la révolution…). 5-2 : Comment planifie-t-on le Static ?La planification du Static sera plutôt le thème du second tome. Dans ce premier tome, j’ai surtout voulu montrer ma démarche de manière à ce que chacun comprenne ce qu’est le Static (le forum nous a montré que ce n’est pas une notion évidente), et qu’est-ce que cela induit comme effets (visibles ou non). J’ai donc voulu écrire un essai pour justifier ma démarche de manière à ce que chacun décide ou non d’appliquer le Static en toute connaissance de cause et non de manière subjective. Vous pouvez citer cet article sous réserve de limiter votre citation à 400 mots au plus et d'inclure un lien vers celui-ci. Tout autre utilisation (en particulier la copie en totalité sur un forum de discussions) et a fortiori sans mettre de lien vers l'article est strictement interdite. 10 commentairesAjouter un commentaire |
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J’ai lu le résumé. Je pense que le Static demande réflexion. Interview intéressante en tout cas :)
intérréssant, merci de m’avoir confirmé tout ça
Bonjour
Oui c’est bien cela. A titre d’exemple, pour le DC, en position favorable (muscles raccourcis), j’ai un coef de 2.2 entre le 1RM et le Static 6 secondes. Pour les mêmes caractéristiques, le coef en SDT est de 1.5 pour moi.
En fait, j’ai remarqué que les coefficients, pour chaque mouvement et une fois la période d’adaptation faite, sont stables pour un même individu.
A+
en fait si je résume un mouvement static, on cherche à pousser/tirer une charge qui est suffisament lourde pour que l’on ne puisse (presque) pas la déplacer mais suffisament légère pour que l’on ne soit pas écrasé par elle. en fait en difficulté de la rep c’est plus que un 1rm.
je viens de lire l’extrait du livre Static disponible sur le site de sébastien bême et il donne un bel avant gout du livre
non, je ne connais pas ce nom. Cela a peut-être un autre nom en français. Je vais me renseigner, c’est toujours intéressant d’apprendre.:) merci
Seb33, connais-tu la TOC - Theory of Constraints - développé par Goldratt ? Cela correspnd exactement à ce que tu décris à un moment de ton interview.
C’est en effet une bonne idée de l’appliquer à la musculation, si cette théorie t’es étrangère, l’étudier te serais très bénéfique.
http://www.superphysique.org/forums/viewtopic.php?f=29&t=16563
Il y en a peu pour l’instant. Elles sont prises uniquement au fur et à mesure de mes utilisations (donc cela arrivera progressivement) et non tournées spécifiquement pour démonstration.
intéressant, des videos pour nous donner une meilleure idée ?
interview intéressante, j’en ai appris un peu plus sur le “static”, et j’avoue que ça m’a donné envie de l’incorporé dans ma routine. pour vois ce que ça donne et parce que je pense également que varier les façons de stimuler ses muscles (comme le permettent les élastiques par exemple) ça peut apporter quelques choses en plus.