Analyse de l’interview de FranckDans cette page : Tout est possible grâce aux séries longues, à l'ingéniosité et à ses propres croyances. Mais attention à ne pas se blesser ! A propos de l’auteur de l’article/interviewer :
Rudy Coia est coach perso musculation/diététique depuis 2006 et fondateur du site SuperPhysique. Il a coaché avec succès des centaines de pratiquants. 1 - Les séries longues : une arme anti-stagnationQuand j’ai commencé la musculation, comme beaucoup, j’ai lu des magazines pour m’informer. On disait qu’il fallait faire des séries de 6 à 12 répétitions, parfois un peu moins, rarement plus, que c’était la bonne fourchette de répétitions pour prendre du muscle, que c’était admis ! Heureusement, certains comme Franck m’ont montré que c’était loin d’être le cas. Il y a plusieurs problèmes à ces séries “courtes”. Souvent, on est en pleine série, on croit qu’on va faire encore quelques répétitions, se battre, et puis ça coupe d’un coup. Ça ne monte plus, on reste bloqué. C’est un problème majeur expliquant la stagnation. Ce n’est pas le muscle qui a “fatigué” d’un coup, non, c’est le système nerveux qui, par l’intermédiaire de mécanismes de protection (comme l’organe tendineux de Golgi par exemple), a stoppé le mouvement devenant “dangereux”. Quand cela arrive, c’est que l’on a mis trop lourd pour soi. Que nous n’avons pas la capacité nerveuse de travailler efficacement sur des séries lourdes et courtes. Ainsi, au lieu d’aller chercher une quelconque adaptation des muscles pour qu’ils grossissent, on se retrouve sans aucune fatigue musculaire ou presque. Pour que ce soit plus parlant, vous avez tous vu dans les salles des mecs faire les mêmes barres années après années, celui qui fait du court et lourd tout le temps, qui ne jure que par ça. C’est la résultante d’un trop faible impact de l’entraînement aussi bien sur les muscles que sur les systèmes nerveux, car il est aussi possible de travailler pour améliorer sa capacité à utiliser son système nerveux (comme les étirements parfois). Ceux que j’entraîne, que je conseille, me demande souvent pourquoi je leur fais faire des séries longues et la réponse est simple. C’est la meilleure façon de progresser. Même si vous n’êtes pas en forme, que vous êtes à plat, rien ne vous empêche d’aller à fond dans une série longue, de vous donner. Alors que faire du lourd, sans avoir la pêche, l’influx, c’est perdre son temps. Pour faire du lourd, il faut être en forme tout le temps, sinon c’est stagnation si ce n’est régression. Avec une série longue, on peut toujours repousser la série, car beaucoup de choses se passent dans la tête comme le dit si justement Franck. Il ne faut pas se presser comme un mulet pour arriver tout essoufflé au bout de quelques répétitions. Il faut savoir respirer, rester dans la réalité pour pouvoir réfléchir et repousser “ses limites” pour ne pas s’arrêter ! C’est ainsi qu’on progresse, séance après séance, car les progrès ne dépendent que de notre implication mentale. Tout se résume à une seule chose : soit on veut progresser, soit on ne veut pas, car il est toujours possible de faire une répétition de plus. Et celle de plus s’ancre dans la tête pour ne plus repartir à la séance suivante, c’est un acquis ! Cela m’inspire le texte de Frédéric Danielou, lorsqu’il avait été interviewé dans le Monde du Muscle n°235, page 88 et 89 par Jean Texier :
Bien que Frédéric Danielou soit un powerlifter, cela s’applique aussi pour nous, culturistes qui pratiquons les séries longues. Il y a néanmoins un “problème” avec les séries longues, c’est de résister à la douleur, à la brûlure induite par les ions hydrogènes et les lactates (plus communément appelés acide lactique). On peut jouer les super-héros, il n’en reste pas moins vrai qu’à un moment, cela “brûle” tellement qu’on a envie de lâcher. C’est là qu’intervient le rest-pause. Grâce au rest-pause, on peut se reposer, faire partir un peu d’acide lactique, et là, on peut faire durer la série très longtemps, battre véritablement ses records. Sans ces rest-pause, la série longue devient un peu obsolète car la douleur devient vite insupportable. Il faut donc choisir des exercices où cela est facilement réalisable. Les exercices de base pour les cuisses se prêtent particulièrement bien à cela (on attend en haut), de même que les exercices d’élévation pour les épaules aussi bien devant ou derrière que latéralement (oiseau), on attend en bas. Sur d’autres exercices, il faut savoir “ruser”. Par exemple, on peut faire du partiel et rest-pauser en faisant le mouvement complet pour souffler en haut et retrouver un peu de force comme je le fais lors de mes exercices de développé (comme sur la vidéo du développé incliné partiel ou sur d’autres exercices comme le pull over partiel). Ainsi, il devient possible de faire de la série longue sur beaucoup d’exercices. Comme toujours, il faut savoir relativiser. Il y en a qui progresseront très bien avec des séries courtes, qui arriveront à donner le maximum rapidement, mais pour 90 % de la population qui fréquente les salles de musculation, il en résultera de la stagnation. 2 - L’ingéniosité : une deuxième arme vers le progrèsFranck n’a pas de banc, ni de matériel sophistiqué et pourtant il est arrivé à des résultats extraordinaires. S’il s’était dit qu’il n’arriverai à rien parce qu’il n’avait pas la dernière machine pour les pectoraux, s’il n’avait pas réfléchi à des solutions avec ses propres moyens, il ne serait arrivé à rien. Il y a cru et a vu que s’était possible. Comme le dit si bien Michael Gundill : “La stagnation, c’est une incapacité psychologique à répondre aux besoins du muscle”. Autrement dit, à adapter son entraînement à soi-même, à ses propres capacités, points forts, points faibles, problèmes matériels… N’ayant pas de banc de développé couché, pour faire les pectoraux, Franck a fait des pompes lesté avec 100 kg sur le dos. Il n’avait pas de repose-barre, alors pour faire du squat, il épaulait une barre. Pour se lester au dips, il utilisait un sac à dos… Tout cela pour montrer qu’il a du réfléchir à son propre cas, improviser et grâce à cela, il a progressé, bien au delà de beaucoup de pratiquants qui s’entraînent en salle sur les dernières machines. Il a commencé par se fixer un nombre de répétitions. Puis, au fur et à mesure qu’elles montaient, il a du se résoudre à un autre système de progression, chronométrer ses séries, prendre moins de pauses entre ses répétitions, pour continuer à progresser. Et seulement ensuite, il montait la charge. Alors que beaucoup veulent monter la charge à chaque séance croyant que c’est la meilleure façon de progresser. Il ne faut pas avoir peur d’innover, de tester quelque chose même si cela peut être farfelu et qu’on est le seul à le faire, car il n’y a aucune loi universelle qui peut s’appliquer à tous. 3 - Pour progresser, il faut y croireFranck a eu la chance d’être seul dans son périple, ne pouvant se comparer qu’à des champions à travers les magazines. Il n’avait comme limite que ce qu’il lisait des champions. Alors que beaucoup invoquent d’innombrables problèmes imaginaires les empêchant de progresser, il est, en vérité, “facile” de progresser. Il faut y croire plus que tout. Si d’autres l’ont fait, pourquoi pas moi ? Il faut savoir s’entourer de gens positifs, de ceux qui ont réussi, qui sont là où on voudrait aller, pour nous montrer que c’est possible, que nous pouvons le faire. Il n’y a que les limites que nous nous imposons, celles auxquelles nous croyons. Ne pas y croire, c’est déjà renoncer. Il faut être dans son propre monde où l’impossible n’existe pas, où il n’y a pas de barrière infranchissable. Tout est conditionné par nos croyances, par ce que nous croyons possible. 4 - Ne pas être au régime, ça aideUn autre secret de Franck, c’est qu’il n’était pas au régime. Être au régime est la meilleure façon de ne pas progresser. Et dans le pire des cas, si le régime est drastique et que l’on veut vraiment être sec, on perd du muscle, beaucoup de muscle, celui qu’on a mis tant de mal à acquérir et qui mettra des mois à revenir. Sans compter qu’on peut se blesser à tout moment. Bien que je sois contre les prises de poids importantes comme l’a fait Franck, il n’en reste pas moins vrai qu’être en léger excédent calorique est un plus indéniable. La récupération est accélérée sur tous les points : muscle, système nerveux, articulations, système immunitaire, système énergétique… Néanmoins, comme le fait très bien remarquer Franck, grossir vite, c’est l’apparition de nouvelles cellules graisseuses qui ne partiront qu’au prix d’efforts surhumains. Cela devrait être un argument de taille pour ne pas chercher à prendre du gras au détriment du muscle, en plus du long régime qui suivra si nous voulons vraiment être secs. Ce n’est pas la prise de gras qui aide à progresser mais bien le léger excédent calorique qui permet d’être en forme jour après jour. 5 - Ne pas se blesserMalheureusement pour Franck, il est aussi un bon exemple de ce qu’il faut éviter. Mais je comprends son raisonnement. Combien sommes-nous à ne pas vouloir arrêter un exercice, une série parce qu’on ressent une douleur inhabituelle ? Combien y en a-t-il qui reprennent le squat et le soulevé de terre après des hernies discales ? Combien font du développé nuque alors qu’ils ont mal aux épaules ? C’est dans la nature humaine de ne pas être raisonnable. On sait que certaines choses sont mauvaises pour nous, mais nous le faisons quand même, au détriment de notre bien-être. À vouloir tester le lourd, à s’acharner dessus pour que ça monte, on fait des erreurs techniques qui ne pardonnent pas. Sur du léger, une erreur peut passer. Sur une série lourde, un déséquilibre, et tout peut lâcher. Il faut donc être très prudent lorsque l’on veut s’amuser à charger surtout sur les exercices avec barre et haltères. Ne pas se blesser, c’est ce qui fait la différence sur le long terme. C’est progresser indéfiniment sans embûche, sans devoir s’arrêter et devoir repartir de plus bas. Se blesser peut avoir de lourdes conséquences. Une simple tendinite qu’on prend à temps n’entraîne en général aucune séquelle. Mais cela peut être un ménisque, un déchirement musculaire, des blessures lourdes de conséquences pour la progression future. Il se peut même que cela nous empêche de faire certains exercices ou abîme notre esthétique. Il faut donc faire attention à soi, préserver sa monture pour aller loin. Certains vont dire que je radote mais prendre des compléments alimentaires pour durer comme les oméga-3 ou la glucosamine devrait être la première chose à faire, bien avant de prendre de la whey ou des BCAA. 6 - Ne pas se disperserQuand on lit les programmes des champions, on se dit toujours qu’on n’en fait pas assez, qu’il faut plus d’exercices. Mais à la différence avec ces champions, en tant que pratiquants naturels, est que nous devons éviter de nous disperser en d’innombrables exercices. Si je me remémore mes débuts, je ne faisais pas beaucoup d’exercices différents. Je dépassais rarement les deux ou trois exercices par muscle, me concentrant évidemment sur les exercices de base. Puis, à force de lire les magazines, j’ai augmenté mon volume d’entraînement sur tous les muscles jusqu’à stagner pendant plusieurs mois. C’est là que j’ai compris que tout ce qu’on nous racontait sur l’entraînement était des conneries. Ce qui compte, c’est la qualité de l’entraînement. Franck n’a jamais fait des tonnes d’exercices, non. Il a fait seulement le nécessaire pour progresser, ni plus, ni moins. Il faut dire que faire des séries vraiment longues empêche véritablement de faire beaucoup d’exercices par muscle. Néanmoins, il faut savoir relativiser. L’usage d’un gros volume d’entraînement peut être envisageable dans certaines conditions :
En dehors de ces cas précis, il ne faut pas progresser à l’entraînement dans le “toujours plus”, mais dans le “toujours mieux” (le plus précis). Cela vient naturellement avec les années d’entraînement. À mesure que l’on progresse, on acquiert la capacité de forcer de plus en plus, de taper plus fortement dans le muscle, ce qui nous empêche d’en faire trop, et qui rend dérisoire la minute de récupération entre les séries. Cela vient naturellement avec le temps et la persévérance. Rien n’empêche de faire beaucoup d’exercices différents mais sur plusieurs séances, qu’on peut alterner par période ou à chaque entraînement, pour ne pas se sur-entraîner nerveusement (immunisation) et progresser musculairement. Vous pouvez citer cet article sous réserve de limiter votre citation à 400 mots au plus et d'inclure un lien vers celui-ci. Tout autre utilisation (en particulier la copie en totalité sur un forum de discussions) et a fortiori sans mettre de lien vers l'article est strictement interdite. Article(s) lié(s)
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salut tous le monde vraiment interessant cette analyse par contre j’aurais aimé en savoir plus sur les series longues
merci a plus
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