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Interview de la Team : Cyril Vilmant

Ses débuts et ses progrès, son point de vue sur l'entraînement et la diététique, ses points forts et points faibles, son point de vue sur le dopage.

1 – Présentation : Qui est Cyril ?

Je suis né le 13 août 1973, mesure 1m81 et pèse entre 86 et 95 kg en moyenne.

Militaire depuis 20 ans, je réside et travaille à Castres (81) où mon statut de moniteur chef d’EPMS (entraînement physique militaire et sportif) me permet d’occuper le poste d’officier des sports au 8e Régiment de Parachutiste d’Infanterie de Marine.

Interview de la Team : Cyri Vilmantl

J’ai un rôle de conseiller technique, d’éducateur sportif et de formateur. Je travaille donc principalement auprès d’une population ayant une bonne condition physique. Je suis actuellement inscrit à un diplôme universitaire d’éducation physique thérapeutique, qui me permettra d’être plus apte à encadrer des personnes dont l’état de santé ne permet pas forcément une pratique intensive. Une démarche sport santé en contradiction avec le culturisme de compétition.

2 – Début en musculation

Vers l’âge de 16 ans, alors que je pratiquais le rugby depuis deux saisons, j’ai rencontré des problèmes de dos assez invalidants. Des séances de kinésithérapie m’ont été prescrites et je me suis rendu chez un praticien qui m’a rapidement mis en salle. Il possédait en effet sa propre structure, dans laquelle cohabitaient des patients en rééducation et quelques adeptes du culturisme.

Nous étions en 1989 et le marché de la remise en forme n’en était qu’à ses balbutiements en France, surtout dans le coin. Les quelques adhérents que j’y ai croisés étaient quasiment tous compétiteurs ou en avaient le niveau. Les machines étaient chromées, on se déplaçait pieds nus ou en chaussettes sur la moquette et il y avait une légère odeur de camphre. C’était mon premier contact avec le monde du culturisme. J’ai tout de suite éprouvé des sensations agréables, appréciant la congestion musculaire et le reflet gratifiant d’un physique moins frêle que d’habitude. Ça n’a duré que quelques semaines, le temps de pouvoir rechausser les crampons.

Mes premières “vraies” barres, je les ai manipulées à 18 ans, lors d’une mission en Afrique. Sous un hangar de tôles étaient entreposés quelques engrenages faisant office de disques et des haltères en béton, moulés dans des boites de conserves. Les bancs étaient en bois ou remplacés par des vielles banquettes de véhicules militaires. Nous nous entraînions là, dans la chaleur et la poussière, pour tuer le temps entre deux missions.

Interview de la Team : Cyril Vilmant
1992 - Afrique

Pendant quelques années, un peu comme mes camarades, je ne pratiquais que lors des missions extérieures, au gré des modes sportives et de nos possibilités aussi. J’ai ainsi expérimenté le cyclisme, puis le triathlon et les sports de combat.

La musculation me convenait pourtant. Je n’avais pas d’aptitudes particulières à l’expression de la force mais lorsque je m’entraînais avec assiduité, les progrès esthétiques étaient satisfaisants, comme beaucoup de monde au début en fait.

Indépendamment des disciplines pratiquées, j’ai eu pendant longtemps un volume d’entraînement très important : mon métier de parachutiste exigeait, et c’est encore vrai aujourd’hui, une très bonne condition physique ; la course à pied et la marche en charge étaient à la base de tout. Les sports pratiqués à titre personnel venaient donc en plus de cet entraînement de base.

Interview de la Team : Cyril Vilmant
2004

À partir de 1994, la musculation a pris une place importante dans mon entraînement mais pas exclusive. Disons que je visais à l’époque une polyvalence sportive, qui s’est traduite au fil des années par un physique athlétique, mais sans plus. D’ailleurs, je n’ai toujours pas une silhouette de bodybuilder et je ne porte pas des vêtements sur mesure, hélas …

3 – Concilier la pratique de la musculation avec sa vie

 

Comme je le mentionne en introduction,  je suis moniteur de sport dans l’armée, la conséquence d’une passion pour les activités physiques et sportives et une vraie chance aussi d’avoir eu cette opportunité en début de carrière.

Dans l’armée, et a fortiori chez les parachutistes, une bonne condition cardiovasculaire est indispensable, ainsi qu’une certaine polyvalence. Un entraînement et un mode de vie axés uniquement sur le culturisme sont donc impossibles.

Ceci dit, avec l’obligation statutaire d’entretenir mon potentiel physique, j’ai la chance de pouvoir m’entraîner aussi sur mon lieu de travail, au même titre que l’ensemble des militaires de la formation à laquelle j’appartiens. Sur le plan professionnel, ce n’est donc pas très compliqué.

J’ai aussi une femme et deux enfants auxquels je dois consacrer du temps. Par chance, mon épouse est titulaire du brevet d’état des métiers de la forme et exerce en club. Nous sommes donc réunis par une passion commune, pour le meilleur et pour…

Le pire étant les contraintes alimentaires que l’on s’impose parfois pour garder la forme, même hors compétition, les séances d’entraînement pendant les vacances, etc. Finalement les contraintes sont acceptables, au fil du temps elles sont devenues des habitudes. La préparation d’une compétition en revanche demande beaucoup plus de concessions.

En dehors de ça, nous avons une vie sociale normale, des amis, faisons quelques sorties, et prenons du plaisir à nous assoir autour d’une bonne table au restaurant ou lors d’un copieux repas de famille. En ce qui concerne l’alcool, ça n’a pas toujours été le cas, mais je m’en abstiens totalement.

Interview de la Team : Cyril Vilmant
1996 - Émission de télévision : Intervilles

4 – Diététique

J’ai toujours eu un bon coup de fourchette, depuis tout jeune. Aujourd’hui encore j’ai bon appétit mais des habitudes alimentaires relativement cohérentes. Ce qui me permet de ne pas m’engraisser outre mesure. Même au plus gras, on devine encore mes abdominaux.

À part à l’approche d’une compétition, je ne calcule pas mes calories. J’évite ce que l’on appelle les prises de masse, qui servent souvent de prétexte à un gavage inconsidéré.

En plus de 20 ans, je n’ai finalement pris que 10 à 15 kg à taux de masse grasse visuellement équivalent : lorsque j’ai commencé, je pesais moins de 80 kg, relativement sec, et je suis monté jusqu’à 100 kg, mais la moyenne se situe autour de 90 kg.

Interview de la Team : Cyril Vilmant
2006 - 100 kg

En période de pré-compétition en revanche, compter ses calories permet d’éviter des erreurs grossières, notamment en matière de répartition protéines/glucides/lipides. Ça permet également de ne pas se fier à des sensations aussi subjectives que la faim, surtout lorsque l’on commence à être vraiment fatigué et que l’organisme se “rebiffe”. De plus, quand le régime ne fonctionne pas, ou pas assez, il est plus simple de repérer les erreurs lorsque tout est comptabilisé et consigné. À mon avis c’est incontournable si l’on veut être dans le coup. Après, une diète pour préparer la saison de plage, c’est différent : on fait gaffe et ça suffit.

À titre d’exemple, une journée classique en ce moment (hors saison) pourrait se décliner ainsi :

  • Petit déjeuner

Œufs au plat (3 à 4 blancs pour un jaune) ;
Céréales complètes ou flocons d’avoine et lait entier ;
Deux tranches de pain complet avec beurre et confiture ;
Éventuellement foie de morue (lorsque je ne prends pas d’omégas 3) ;
Un verre de jus de fruit.

  • Collation matin

Une salade de riz, surimi ou thon ou sardine, allumettes de jambon, quelques cacahuètes, huile d’olive, de noix ou de colza.
Ou protéine plus un fruit.

  • Repas du midi

Viande blanche ou steak de dinde accompagné de pâtes ;
Yaourt et fruit

  • Collation après-midi

Idem que le matin

  • Repas du soir

Poisson (pavé de saumon ou morceau de sole) accompagné de légumes (haricot verts ou brocolis) et parfois de glucides (pâtes ou riz) ou salade d’endives assaisonnée.
Produit laitier ou fruit, et lorsque je n’arrive pas à résister : petits gâteaux (initialement achetés pour mes enfants …).
Ce n’est pas forcément l’alimentation idéale, mais c’est déjà pas mal si j’arrive à respecter ça.

Et les suppléments ?

Une alimentation équilibrée devrait permettre de couvrir les ANC (Apports Nutritionnels Conseillés) évalués pas l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail). Cependant, ils peuvent être très variables selon les individus et le niveau d’activité physique.

Dans mon cas, je peux avoir recours aux compléments dans plusieurs situations :

  • Des contraintes géographiques ou professionnelles qui ne me permettent pas de respecter une stratégie alimentaire permettant de couvrir les ANC
  • Un volume d’entraînement important qui suppose des besoins supérieurs aux normes
  • Un régime restrictif entraînant des carences en raison notamment d’une ration appauvrie en fruits et légumes

Sans être un inconditionnel de la supplémentation, j’ai testé pas mal de choses, rarement sur le long terme. Je n’apprécie pas particulièrement les protéines dont le goût finit souvent par me lasser, et les gélules en trop grand nombre ou trop volumineuses m’indisposent.

Je considère donc que l’utilisation des compléments alimentaires est un “mal” nécessaire, que je pratique avec raison et modération. Rien ne sert par exemple de dépasser les doses recommandées par les fabricants.

Pour ce qui est des effets réels des compléments, il n’est pas toujours évident de dégager un consensus, et les études fiables ne sont pas si nombreuses.

Interview de la Team : Cyril Vilmant
2004

Si l’on prend le seul exemple de la créatine, malgré l’abondance de références, il est aujourd’hui difficile de se faire une idée sur son efficacité. Elle fut longtemps diabolisée et l’on cherchait tantôt à en prouver les effets délétères, tantôt à affirmer son innocuité. Je me souviens aussi d’une polémique en France au sujet des rugbymen anglais que l’on accusait de consommer de la créatine pour expliquer leur suprématie au niveau mondial. Tout ceci a largement contribué à sa popularité, surtout lorsque sa vente était encore interdite en France.

Quoi qu’il en soit, aucun complément n’a jamais atteint le niveau d’efficacité des substances hormonales et il ne faut pas s’attendre à des effets spectaculaires.

Ceci dit, l’effet placebo d’un produit n’est pas à négliger. Si prendre un complément conduit l’athlète à mieux penser son entraînement et à respecter une stratégie alimentaire, ne serait-ce que pour rentabiliser l’investissement, alors le contrat est rempli. Dans ce cas, il est difficile de savoir quelle part du résultat on doit au complément, mais tant que la progression est réelle et que l’on ne met pas sa santé en danger avec des doses trop élevées, alors pourquoi se priver ?

Personnellement, après quelques semaines de repos, je reprends tout doucement l’entraînement et me contente d’oméga-3, d’un complexe de vitamines et minéraux et d’une protéine de temps en temps en remplacement d’une collation que je n’ai pas pris le temps de préparer. Je vais compléter par des acides aminés ramifiés (BCAA) à proximité de l’entraînement lorsque le volume et la fréquence de travail le justifieront.

J’utilise plus rarement les produits “hardcore” (type vasodilatateurs, boosters de NO) en raison d’un manque de recul et de possibles dommages collatéraux dont on mesure encore mal l’ampleur. Michaël Gundill (MDG) l’a justement souligné dans son excellent ouvrage, co-écrit par Frédéric Delavier. Tant que l’on n’en sait pas plus sur leur toxicité, ces produits sont à réserver aux périodes de fatigue intense ou de régime ultra restrictifs et sur de courtes périodes. Ceci dit, certains de ces stimulants sont très efficaces sur le court terme et permettent de dynamiser considérablement l’entraînement et d’augmenter la vigilance, c’est plutôt marrant à tester.

5 – Entraînement

Je m’entraîne (en musculation) entre 4 et 5 fois par semaine, selon des horaires et une durée variable. Tout cela est influencé par mes contraintes professionnelles et familiales bien sûr.
Une séance courte dure 30 minutes, et ça peut aller jusqu’à 1h30 (pour les jambes par exemple), mais c’est de plus en plus rare. Je fais entre 2 et 4 exercices par muscle pour un total de séries qui va de 8 à 16, hors échauffement.

J’ai l’impression d’être assez “classique”. Pour gagner du temps, depuis fin 2009 je travaille pas mal en supersets agoniste/antagoniste, ce qui me permet également de travailler des groupes que j’aurais la flemme d’entraîner spécifiquement (fixateurs des omoplates, faisceau postérieur du deltoïde, etc.).

Mes meilleures performances commencent à dater car je n’ai plus trop le temps de faire des cycles de force. 6 répétitions à 130 kg au développé couché, un soulevé de terre à 230 kg et une série de squats presque réglementaires de 5 répétitions à 180 kg, le tout sans maillot. Je ne suis pas très doué pour la force. Au rugby déjà, je manquais d’explosivité, de vitesse même si j’étais capable de conserver un ballon assez longtemps dans un regroupement.

Pour la petite histoire, j’ai débuté assez jeune par des sports d’endurance, vélo et course à pied, disciplines pour lesquelles j’étais presque doué et qui me procuraient beaucoup de satisfaction. Le rugby commencé à l’âge de 15 ans n’a pas suffi à inverser la tendance, je pense que ça a été déterminant, musculairement (ou nerveusement) parlant. Je n’ai jamais vraiment cherché non plus à devenir fort. Compte tenu des nombreuses blessures qui ont jalonné mon parcours en musculation, je me suis contenté d’essayer de progresser esthétiquement. Avec le recul, c’est certainement une erreur. Il faut dire que j’ai longtemps croulé sous le volume d’entraînement et un nombre important d’activités ce qui explique en partie les nombreuses tendinopathies dont j’ai souffert.

À présent, je me consacre un peu plus au culturisme. J’essaie d’améliorer mes points faibles petit à petit, mais sans véritable acharnement. Je n’ai jamais eu d’épaules, ce n’est pas à mon âge que ça va changer. Alors, je gère la répartition de mon entraînement de façon cyclique. Lorsque je souhaite progresser dans un domaine, je réduis dans un autre.

Interview de la Team : Cyril Vilmant
2005 - 86 kg

En 2010 par exemple, suite à un accident de saut en parachute sans gravité, je me suis retrouvé dans l’impossibilité de travailler les pectoraux pendant plusieurs semaines (fracture de la tête humérale). Comme je ne suis plus un inconditionnel du développé couché (le mouvement roi en France, celui qui sert de référence et quasiment de hiérarchie dans les salles), l’entraînement du dos a pris un peu plus de place sans que j’en éprouve une frustration particulière. Pendant presque un an, j’ai cantonné l’entraînement des pectoraux à du développé couché avec haltères, sans chercher la performance. Aujourd’hui j’ai quasiment récupéré la mobilité articulaire, j’ai l’impression d’avoir pris un peu de dos et de n’avoir pas trop perdu au niveau des pectoraux.

Je n’ai pas vraiment de muscle préféré à l’entraînement. En revanche, je redoute le jour des jambes parce que c’est relativement épuisant. Je n’aime pas vraiment travailler les épaules non plus, pour les raisons évoquées plus haut.

J’aimerais bien cycler un peu plus mes préparations, mais je reviens souvent à un schéma assez traditionnel d’hypertrophie. Les fameuses séries de 8 à 12 répétitions. Parce que ça fonctionne et parce que je n’ai pas assez de marge de manœuvre pour suivre une planification élaborée. Du coup, je case mes séances quand je peux, et bien souvent, je ne sais pas ce que je vais faire avant de rentrer dans la salle.

En règle générale c’est le taux d’occupation des machines qui décide des exercices du jour, et le temps dont je dispose aussi. À ce propos, ne prévoyez pas de faire les pectoraux le lundi … J’exécute un exercice de base, je donne tout ou presque, et le reste c’est du bonus. Comme ça, si je dois écourter ma séance ou que la lassitude fait son œuvre, je peux quitter le plateau. Bien sûr, je respecte les règles de base relatives à la récupération.

Je tiens compte des sensations, et les blessures dont j’ai déjà parlé m’ont appris qu’il fallait parfois renoncer. Lorsqu’un mouvement ne passe pas, je n’insiste pas, si un muscle est encore douloureux, je change, et si je suis bien trop fatigué ou malade, je me repose. Je n’éprouve plus de difficulté psychologique à sauter une séance ou deux, si mon état physique ou mental le justifie.

Une séance classique de musculation peut ressembler à ça :

  • Pectoraux /arrière des épaules/trapèzes

Développé couché avec haltères : 4-5×8-12@30-40 kg
Oiseau avec haltères : 15-30 répétitions

Si j’en ai le temps, je poursuis avec :
Développé couché : 4-5×8-12@100 kg
Oiseau debout à la poulie vis-à-vis ou avec un élastique : 4-5×12 répétitions

S’il me reste du temps et du courage :
Écarté incliné :  4×12-15@12 kg
Shrug avec haltères en appui ventral sur un banc incliné :  4×12@20 kg

Et vraiment si j’ai la pêche :
Pull over : 4×12@30 kg
Shrug avec haltères debout : 4×12@30 kg

Ça fait quelques temps que je me contente du minimum syndical en musculation, car je n’ai ni le temps, ni le courage de faire plus. Chaque groupe musculaire est exercé une fois par semaine, sauf les jambes auxquelles je ne consacre parfois qu’une séance en deux semaines. Idéalement, j’aimerais revenir à une routine plus dense et faire deux séances hebdomadaires au moins pour mes points faibles.

Interview de la Team : Cyril Vilmant
2005 - 86 kg

Parallèlement à la musculation, je fais pas mal de cardio-training. C’est important dans la prévention des maladies cardiovasculaires et c’est aussi un facteur d’amélioration de la condition physique en général, celle qui va me permettre d’encaisser des séances plus longues ou plus intenses. Un peu de course à pied parce que mon emploi l’exige, mais aussi en salle, sur les machines ou en cours collectifs (plus rare depuis deux ans).

Les machines permettent surtout d’éviter les traumatismes répétés et donc de se préserver sur le long terme. Là aussi, la fréquence dépend essentiellement de ma vie extra sportive. Idéalement, je pratiquerais 4 fois par semaine, mais c’est rarement le cas. En ce moment, c’est deux voire trois maximum, toujours déconnecté de la séance de musculation : soit un autre jour, soit à un autre moment de la journée.

Sur les machines, je fais 20 à 60 minutes, généralement en mode manuel pour pouvoir me calquer sur le rythme de la musique que j’écoute. Sans me “cramer”, je rentabilise le temps passé en salle, le rythme est donc moyen à soutenu. J’utilise parfois les programmes fractionnés pour mettre un peu plus d’intensité.

Pour la course à pied, lorsque j’ai le choix ça ne dépasse pas 45 minutes. Mais il nous arrive d’aller courir bien plus longtemps. C’est un mal nécessaire là aussi.

Avec le retour des beaux jours, j’enfourcherai à nouveau mon vélo. Avec un groupe de potes, nous parcourons les environs vallonnés de notre région. Ces sorties avant tout sportives sont également assez conviviales, et même si j’arrive complètement défait en haut de chaque côte, j’y suis attendu pour prendre ma revanche dans la descente, et encore … Quoi qu’il en soit, c’est vraiment un bol d’air frais et de bonne humeur et puis, ça fait gonfler les cuisses et dégonfler l’ego.

Contrairement à ce qui se pratique beaucoup, j’aurais tendance à ralentir sur le cardio-training en période de régime pré-compétition, sauf si je suis vraiment en retard sur la préparation, mais ça n’engage que moi. En fait, je préfère conserver le peu d’énergie qui me reste pour tout donner en musculation.

6 – Les compétitions

J’ai participé à 5 concours :

  • 2004

Argelès-sur-Mer : Demi-finale Sud APF en catégorie “espoir” (1er)
Nancy : Finale France APF (3e)

  • 2005 (Sur l’île de la Réunion)

Un open dont j’ai oublié le nom, une seule catégorie (2e)
Le Port : Le trophée Nature’s Best en plus de 85 kg (2e sur 3…)

Interview de la Team : Cyril Vilmant
2005 - 86 kg (trophée Nature’s Best)

  • 2010

Saint-Etienne : Grand prix Gym and Co, catégorie Men’s Classic (5e)

Les compétitions sportives en général, et les concours de culturisme en particulier m’évoquent une chanson de Renaud dans laquelle il parle des hommes “jouant au foot ou à la guerre, à celui qui pisse le plus loin”. Je comprends que nos détracteurs puissent trouver cela ridicule, mais ça ne l’est pas beaucoup plus que de courir après un ballon.

J’ai éprouvé un réel plaisir à prendre part à ces événements. Bien sûr la préparation est longue et exténuante, mais c’est l’aboutissement d’un parcours sportif souvent long de plusieurs années, la validation du travail accompli. Cette discipline que cela sous-tend durant les semaines voire les mois précédant le passage sur scène qui ne dure que quelques minutes, l’ensemble des sacrifices familiaux, sociaux, professionnels, tout cela mérite un minimum de respect, au même titre qu’un sport plus populaire.

Pour moi, ce fut aussi l’occasion de partager ma passion pour la culture physique avec de vrais sportifs humbles et ouverts d’esprit. Alors bien sûr que tout ceci est très éphémère et artificiel mais je ne crois pas que ce soit l’apanage du culturisme.

Je ne sais pas trop ce qui m’a motivé à monter sur scène pour la première fois. Probablement le narcissisme plus que l’occasion géographique : une compétition avait lieu à proximité du lieu de résidence de ma mère et je me suis engagé dans l’aventure. J’ai remporté la demi-finale sud APF. Je ne comptais pas me présenter à la finale, pour moi l’expérience s’arrêtait là. Mais durant la préparation, j’ai sympathisé avec un athlète local, lui aussi qualifié. Sous la pression et les conseils de notre entourage, j’ai fini par faire le déplacement avec lui. Une bonne expérience et surtout une étape importante qui m’a permis de progresser l’année suivante lorsque les restrictions alimentaires ont cessé.

J’ai également participé à deux concours sur l’île de la Réunion, dans une ambiance détendue, puis, plus rien jusqu’en 2010, année durant laquelle j’ai supervisé la préparation d’un athlète. Un camarade au potentiel énorme qui a sollicité mes conseils en matière d’entraînement et de diététique ainsi que mon expérience de la scène pour orienter sa préparation spécifique : posing, choix du tan, etc.

Mais je n’ai pu l’assister jusqu’à la fin puisque j’ai finalement pris la décision de concourir moi aussi, au dernier moment après 12 jours de régime. Pour la petite histoire, cette préparation express est née d’une remarque d’un ami qui me reprochait de m’être légèrement enrobé, soulignant au passage que je changeais très vite d’aspect selon ma rigueur alimentaire. Qu’à cela ne tienne, j’ai pris le pari de devenir “sec” en deux semaines. Une démarche assez stupide mais pas inintéressante. J’ai souffert moins longtemps que lors d’une préparation classique même si je n’ai pas atteint un très bon niveau de définition. J’ai surtout pu voir jusqu’où je pouvais aller en matière de restriction sur une courte période, ce qui peut s’avérer utile pour une fin de préparation par exemple.

Interview de la Team : Cyril Vilmant
2005 - 86 kg

Pour la catégorie Men’s Classic (critères IFBB) je dois me présenter à un poids maximum de 89 kg. Pour être bien sec, je dois même descendre en dessous ce qui me laisse de la marge.

Cette catégorie est très intéressante pour les athlètes comme pour l’avenir du culturisme. On y voit des athlètes à la ligne élégante et le dopage n’est pas obligatoire, même pour espérer une place d’honneur. Le public y trouve son compte et les plateaux sont de plus en plus fournis. Les compétiteurs font beaucoup d’efforts de présentation, les posings sont souvent soignés et au final, même si c’est moins spectaculaire que les “gros”, c’est un élément qui permet de réussir l’organisation d’un concours.

Et la fédération naturelle ?

Je préfère participer à un Open bien organisé qu’à une compétition de seconde zone mal ficelée. Je généralise un peu, mais bien souvent les athlètes sont très peu valorisés, par manque de volonté parfois, par manque de moyens souvent… On loue une salle mal chauffée, mal éclairée, les horaires ne sont pas respectés, on communique très peu et le public n’est pas au rendez-vous. Beaucoup d’efforts donc pour une compétition de quartier. Sans parler des critères de sèche qui poussent les athlètes à des régimes extrêmes, dont les résultats ne sont pas toujours très esthétiques. D’ailleurs, ça n’évite pas non plus totalement le dopage et les contrôles sont rares. Alors autant monter sur une belle scène, entouré d’athlètes bien préparés, soutenus par un public de connaisseurs dans une ambiance chaleureuse, même si c’est pour se faire rétamer.

7 – Le Dopage

Quel est ton point de vue ?

Le dopage est une suite logique dans le sport en général. La particularité avec le culturisme, c’est que cette démarche intervient souvent très tôt dans le parcours d’un athlète et que les effets sont plus visibles. On se dope dans les grandes écoles, dans le monde de l’entreprise, dans les milieux culturels, etc. Rien d’illogique à ce que l’univers de la forme et de la force soit concerné par le phénomène. La lutte contre le dopage n’est pas une grande cause pour laquelle je suis prêt à partir en croisade.

De mon côté, j’ai fait le choix de ne pas avoir recours aux substances hormonales et dérivés. Je valorise la voie naturelle chaque fois que l’occasion m’en est donnée, que ce soit auprès de jeunes pratiquants ou sur un forum de discussion, mais il ne m’appartient pas de juger ceux qui ont d’autres convictions ou d’autres objectifs.
Je ne m’aventure pas non plus sur le terrain de la santé publique et de son coût financier, c’est un autre débat.

Comment peux-tu prouver que tu es naturel ?

Malheureusement, je n’en ai aucun moyen et avec les années je n’en ai plus l’énergie ni l’envie. J’ai passé tellement de temps à me justifier, c’est presque plus épuisant que de s’entraîner et bien souvent ça ne sert à rien. Les doutent que certains émettent ou les regards désobligeants m’agacent, mais il faut faire avec. Quand tu vas à la piscine ou à la plage, et que lorsque tu te déshabilles tu remarques que deux ou trois petits malins commencent à prendre des poses ridicules ou simulent une injection intramusculaire pour amuser la galerie, ça ne fait pas plaisir, c’est évident. Et encore, je suis loin d’être énorme mais les préjugés ont la vie dure.

Interview de la Team : Cyril Vilmant
2005 - 86 kg

Donc je ne perds plus mon temps : mes proches me savent naturel, d’autres en sont convaincus et personnellement j’ai la conscience tranquille. Ça me suffit.

Pourquoi ne pas avoir franchi le pas ?

Si j’ai résisté jusqu’à maintenant, c’est surtout pour des raisons éthiques et par amour propre.

Pour être honnête, j’ai souvent pensé à recourir au dopage, notamment après mes premières compétitions ou à chaque fois que j’ai un petit coup de mou et que je trouve mon physique banal après presque 20 ans de pratique. Mais à quoi bon ? Il est trop tard pour réussir en bodybuilding (j’aurai bientôt 38 ans) et rares sont ceux qui arrivent à en vivre. C’est beaucoup de risques pour peu de bénéfices. Et puis maintenant il y a le regard de mes enfants. Je n’ai pas envie de leur apprendre à tricher. Mon épouse me ramène souvent à la raison de son côté.

En tant qu’éducateur sportif, j’ai un devoir d’exemplarité, et j’assure depuis longtemps la promotion de la culture physique au naturel dans mon environnement professionnel, sportif et social. Depuis peu, je m’investis dans l’éducation physique thérapeutique, ou comment lutter contre certaines pathologies par une activité physique adaptée en utilisant le lien clairement établi entre le sport et la santé (dans certaines proportions du moins). Je serais donc bien mal inspiré.

Cependant, il ne faut pas dire “fontaine, je ne boirai pas de ton eau”…

Ton regard sur ceux qui ont fait un autre choix ?

Je n’aime pas entretenir ce clivage entre les athlètes naturels et les autres. Je considère que c’est avant tout un choix personnel qu’il faut respecter. Tous ceux qui m’ont inspiré y ont certainement eu recours d’ailleurs. Certains ont des connaissances extrêmement fines en nutrition et une vraie science de l’entraînement, beaucoup sont de vrais sportifs capables de sacrifices énormes car le rêve a un prix.

Je suis moins complaisant lorsque le dopage est une alternative au travail, au temps, à la ténacité. Un jeune qui se dope dès sa première année de musculation alors qu’il ne connaît pas les bases de l’entraînement et de la diététique ça me dérange. Bien souvent, il ne connaît pas les risques non plus, ce qui est encore plus grave. Plus grave encore, c’est le débutant qui obtient par ce biais des résultats rapides et qui encourage des camarades à suivre la même voie, de façon involontaire parfois.

Je suis également rebuté par la malhonnêteté et la mauvaise foi dont certains peuvent faire preuve. Bien sûr, on ne peut pas demander à un gars qui charge de porter un tee-shirt qui indique les doses qu’il prend et les coordonnées de son fournisseur, et je comprends le risque qu’il peut y avoir à ne pas s’en cacher un minimum. En revanche, nier l’évidence ou relativiser l’efficacité des produits est complètement ridicule.

Un athlète sérieux, qui s’intéresse à la nutrition, à l’entraînement, et qui dope évolue sur une autre planète. Si en plus il est doué, le résultat est tout simplement magnifique.

Il y a une petite part de jalousie dans mon discours.

8 – C’est ton dernier mot ?

Je profite de cette occasion pour remercier publiquement une partie de ceux qui m’ont soutenu en espérant que ceux que je vais oublier ne m’en tiennent pas rigueur :

  • Pump’in Gym à Saint-Denis de la Réunion, où Pascal et Pierette m’ont permis de me préparer dans de très bonnes conditions, je salue les adhérents qui me reconnaîtront
  • L’équipe d’Espace Forme 81 à Castres qui supporte surtout mon humour approximatif
  • Le team PLF (Pour La Fibre), une association informelle des amoureux de la fonte et en particulier les sauvages de Taravao
  • Tous ceux qui m’ont apporté leur soutien ou supporté mon humeur variable pendant les préparations

Et merci à toi Rudy de me donner cette occasion unique de m’exprimer.

Rétrospective photographique

1998

Interview de la Team : Cyril Vilmant
1998 - Djibouti

Interview de la Team : Cyril Vilmant
1998 - Dubaï

2000

Interview de la Team : Cyril Vilmant
2000

2002

Interview de la Team : Cyril Vilmant
2002 - 82 kg

2003

Interview de la Team : Cyril Vilmant
2003 - 86 kg

Interview de la Team : Cyril Vilmant
2003 - 86 kg

2004

Interview de la Team : Cyril Vilmant
2004

Interview de la Team : Cyril Vilmant
2004

Interview de la Team : Cyril Vilmant
2004 - 85 kg

2005

Interview de la Team : Cyril Vilmant
2005 - 86 kg

Interview de la Team : Cyril Vilmant
2005 - 86 kg

Interview de la Team : Cyril Vilmant
2005 - 86 kg

Interview de la Team : Cyril Vilmant
2005 - 86 kg

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64 commentaires

Cyril

Bonjour Kevin, Tout dépendra du poste que tu occuperas dans l’armée, mais il ne faut pas rêver. En général c’est assez compliqué. J’avais la chance de diriger le service des sports ...

Ansroul kévin

Bonjour Cyril. J’ai passé un bon moment en lisant cet article. J’ai une petite questions. Je vais passer les test pour l’armée et espère passer au concours de Sous Officier et par la suite j’aimerais être pris dans un centre de rima. Je voulais savoir si en étant militaire il était possible de suivre une prise de masse c’est a dire s’entraîner au moins 4 fois par semaine et pourvoir prendre de la protéines en régiment. Merci par avance cordialement.

Rom's

J’ai pris plaisir à tout lire ! Super article ,physique hors normes et tout simplement massif et harmonieux ! Respect pour avoir reussi à obtenir un physique comme sa naturellement en + de la vie militaire à cotés qui impose beaucoup de contraintes . Faisait moi meme de la musculation/cross fit/sport de combat je compte rejoindre l’armée de terre et si tout va bien demander le 8 RPIMA ,alors qui sait ? peut etre à bientot ! (ce serai avec grand plaisir de pouvoir rencontrer un athlète comme vous )

Alex lad

Merci pour ta réponse et bonne continuation ;-)

Cyril

Mon bouquin de chevet commence à dater un peu. Paradoxalement, ce n’est pas orienté sur la construction musculaire. Guide nutritionnel des sports d’endurance de Denis Riché. Pour l’entraînement, je collectionne aussi les références. C’est plus difficile de faire un choix.

Alex lad

Salut Cyril, Félicitations pour ce corps de rêve, quels livres conseillerais-tu pour la partie entrainement physique et la partie alimentaire? Merci d’avance à toi et bonne continuation.

Vince

Bonjour je souhaite aussi m’engager dans l’armée de terre et je voulais savoir est il possible de toujour s’entraîner intensivement et suivre une bonne diète pour pogresser? Malgré les missions et autre, merci de votre réponse

ted th

hello! je souhaite tous d’abord te feliciter et te dire que ton temoignage est très motivant! je compte m’engager dans l’armée de terre en tant que soldat de rang, et j’aurai voulus savoir ton avis, est-il possible de suivre une diète, un entrainement (et tous ce qui va avec pour progresser) tout en étant soldat? merci d’avance, sportivenemt

cyrilk

bonjour à vous cyril. je vous ai découvert à travers cet article sur votre parcours qui, soit dit en passant, est passionnant! J’exerce le même métier que vous et je partage cette passion pour la culture physique (et le même prénom soit dis en passant). je sais donc combien il est difficile d’allier les deux. Je voulais vous exprimer mon profond respect pour ce que vous faites et ce que vous êtes, un digne représentant de ce sport! Vous prouver à tous qu’avec de la volonté et du travail, les objectifs fixés peuvent être atteint. Votre article est une source d’inspiration et de motivation. A ce que j’ai pu lire dans votre article et contrairement à beaucoup de culturiste, vous ne faites pas passez la musculation devant votre vie extra sportive et c’est tout à votre honneur. voilà, un grand bravo et merci de nous avoir permis de partager votre expérience. sportivement.

Pierrette de Pump in gym Ile de la Reunion

coucou Cyril vraiment tu progresses d’année en année Il te manque juste un peu de couleur pour être parfait. pierrette

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Rudy Coia
est coach perso musculation et de diététique depuis 2006 et co-fondateur du site SuperPhysique. Il a coaché avec succès des centaines de pratiquants.
http://www.rudycoia.com

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