CrossFit : Infos ou Intox

Inteview de Yves Patte, Coach CrossFit level 1 : ses débuts dans le CrossFit, sa définition et vision du CrossFit et son point de vue sur les blessures.

Yves Patte est sociologue de formation et coach CrossFit Level 1 à Bruxelles. Son objectif est de contribuer au développement du CrossFit en Belgique. Son blog sur le CrossFit : Sport is Everywhere. Son blog personnel sur l’autonomisation. Il organise des entrainements CrossFit tous les samedis au centre sportif du Blocry, à Louvain-la-Neuve (Belgique). Il répond au question de Rudy, que l’on sait “dubitatif” sur le CrossFit (cf. Crossfit et Supercherie).

1 – Qui est Yves Patte ?

Je suis Coach CrossFit Level 1 à CrossFit Brussels. J’ai en fait plusieurs “caquettes” qui sont dues à mon parcours professionnel. J’ai à la base une formation de sociologue des médias qui m’a amené vers la recherche à l’université, puis dans le consulting politique et enfin dans l’enseignement. Au fil du temps et des formations, j’ai commencé à enseigner l’éducation à la santé.

Mes activités actuelles sont le fruit de ce parcours et de ces expériences : à CrossFit Brussels, en plus des entraînements, je m’occupe également du suivi alimentaire Paleo/Zone, qui est une manière de s’alimenter Ftrès liée au CrossFit. Je m’occupe aussi en partie de la communication ou de l’organisation d’événements, comme les “Fittest Games”, où nous avons élu, l’année passée, l’homme et la femme les plus “Fit” de Bruxelles.

Plus généralement, je fais la promotion du CrossFit, ou de méthodes de fitness naturelles et fonctionnelles similaires, grâce à mon site Sport is Everywhere. Ce site était le premier site dédié au CrossFit en Français et marche extrêmement bien. J’ai énormément de visites pour tout ce qui touche au CrossFit, au régime Paléo et à la course pieds nus (barefoot running).

À côté de cela, j’ai également un blog plus “théorique” on va dire où je publie davantage de textes sur le coaching, le business du CrossFit, l’enseignement, etc. J’ai effectivement remarqué qu’il y a de nombreux points communs entre l’enseignement tel que je le conçois et le coaching : redonner confiance à l’individu dans ses capacités, lui montrer qu’il est “capable”, c’est extrêmement important et c’est un levier sublime pour atteindre la confiance en soi et le développement personnel.

Je travaille actuellement sur des projets liés au développement personnel et à la notion d’ “Empowerment”, qui pourrait se traduire par le “processus par lequel on reprend un pouvoir sur… sa vie, son corps, sa santé, sa condition physique, sa scolarité, son parcours social, etc.”

J’ai 32 ans et suis père de deux enfants (4 ans et 1 an). Je mesure 1m89 pour plus ou moins 80 kg (à l’adolescence, je pesais 60 kg pour la même taille… ectomorphe donc…). J’ai terminé 211ème européen aux éliminatoires des CrossFit Games (je pense qu’on était 800 européens à la base et 600 à la fin, mais je ne suis plus sûr). Et je ne suis pas du tout mécontent de cette place, même si je vais m’entraîner dur pour l’année qui vient. Mon meilleur score a été au workout 4 de l’open (10min AMRAP of: 60 Bar-facing burpees, 30 Overhead squats (55 kg), 10 Muscle-ups) où je me suis classé 164ème européen.

2 – Yves, tu es un fervent défenseur du CrossFit. Comment as-tu découvert ce sport ?

J’ai toujours été plutôt sportif. J’ai joué au football, en club, pendant 8 ans ; et quelques années au basket, en club et surtout en “streetball”. J’ai aussi beaucoup pratiqué le skateboard. Et puis des sports occasionnels comme le squash, le badminton, etc. Et j’ai toujours aimé courir.

C’est seulement après 20 ans que je me suis mis à la musculation, en allant dans la salle de musculation de mon université, puis en m’achetant un peu de matériel. Au fur et à mesure, je me suis constitué une petite “salle de sport ” à la maison. Je faisais de la musculation tout à fait “classique”, en hypertrophie musculaire. J’ai beaucoup lu à cette époque-là, sur le sujet. J’ai même encore plusieurs ouvrages de Frédéric Delavier ;-)

Mais après quelques années de musculation classique, je commençais à me lasser. Je cherchais des méthodes un peu différentes, plus complètes, etc. Et je suis tombé sur un article de Muscle and Fitness qui parlait de la salle CrossFit d’Andy Petranek. La claque ! Voilà des mecs qui faisaient quelque chose de tout à fait différent et qui avait l’air vraiment fun ! En plus, il y avait un petit esprit punk/hardcore qui me plaisait beaucoup ! Ces mecs n’étaient pas en slip de bain à se mater devant un miroir : ils étaient tatoués, portaient des shorts larges et avaient des physiques de guerriers !

J’ai encore mis quelques temps à vraiment essayer une séance réellement CrossFit et quand j’ai essayé : Re-claque ! En 10 minutes, j’étais couché par terre, à ne plus savoir reprendre mon souffle !… alors que je croyais être en bonne condition physique ! Je n’ai plus jamais refait une séance de musculation classique.

Le soir même, j’ai été voir sur Internet et je suis tombé sur les centaines de vidéos de CrossFit. Pendant plusieurs semaines, j’ai dévoré toutes ces heures de vidéos. Et j’ai décidé de m’investir dans le CrossFit pour en faire la promotion. À l’époque, il n’y avait qu’un affilié en Belgique, “CrossFit Belgium”. Je l’ai contacté. Il entraînait un groupe de personnes près de Namur.

Quelques mois après, j’ai organisé un premier entraînement avec des amis dans une salle près de chez moi. C’était il y a 2 ans. Les choses ont ensuite été assez vite : en cherchant à acheter un kettlebell (on n’en vendait pas en Belgique à l’époque), je suis rentré en contact avec un kinésithérapeute de Bruxelles qui avait le projet d’ouvrir la première salle CrossFit de Belgique. Quelques mois après, CrossFit Brussels ouvrira. Entre-temps, j’ai passé ma certification “Level 1” en Hollande, à CrossFit Twente. Cette certification permet de coacher officiellement en CrossFit.

Aujourd’hui, un an seulement après l’ouverture officielle de CrossFit Brussels, c’est déjà une des plus grandes, des plus belles et des plus florissantes salles CrossFit d’Europe.

3 – On entend beaucoup de choses sur le CrossFit comme si c’était la méthode universelle à l’heure actuelle. Dernièrement, tu as partagé un lien sur ton site Sport is Everywhere où l’on voyait un Footballeur américain dire qu’il faisait du CrossFit pour se préparer physiquement. Peux-tu éclaircir la situation ?

Il n’y a évidemment pas de méthode “universelle”. Il y a simplement des méthodes qui sont plus complètes que d’autres, des méthodes qui se basent davantage sur notre physiologie que d’autres, etc.
Ce qui est sûr, c’est que le CrossFit représente quelque chose de différent. Par rapport à la musculation “classique”, la spécialisation, etc., le CrossFit représente ce qu’on appelle en sciences un “changement de paradigme”,  une autre “vision du monde” (“Weltanschauung” disent les philosophes allemands), tout comme on est passé, par exemple, du paradigme de la gravitation de Newton au paradigme de la relativité générale d’Einstein.

Et du coup, certaines questions que tu poses, Rudy, n’ont pas réellement de sens dans ce nouveau paradigme. Tu verras par la suite…

Pour essayer de décrire le CrossFit, je dirais que son but principal est d’être une méthode de fitness” inclusive ” et “généraliste”, c’est-à-dire de préparer à toutes les demandes que le corps peut rencontrer. Il faut se préparer à tout et même à ce à quoi on ne s’attend pas – j’y reviendrai aussi.

Pour cela, le CrossFit se base sur des mouvements “fonctionnels”, constamment “variés”, exécutés à “relativement haute intensité”.

  • Des mouvements “fonctionnels”

C’est-à-dire complets, poly-articulaires, qui mettent en mouvement tout le corps et que l’on peut retrouver à l’état naturel. Dans la vie quotidienne, on doit se mouvoir dans l’espace : courir, sauter, se relever, etc. ; on doit mouvoir une charge dans l’espace : porter un objet, le soulever du sol, le déplacer, l’élever en hauteur, etc. Faire un squat, c’est fonctionnel, un Clean & Press, c’est fonctionnel. Contre-exemple : le Peck Deck… Jamais, dans la vie quotidienne, nous ne sommes confortablement assis, en contractant les pectoraux. En règle générale, toutes les “machines” sont non-fonctionnelles. Elles isolent un groupe ou un segment musculaire, ce qui n’arrive pratiquement jamais dans la vie quotidienne. De plus, travailler assis est la manière la moins naturelle de travailler : si vous avez une charge lourde à porter dans la vie quotidienne, vous n’allez pas chercher une chaise pour vous asseoir avant de la porter, vous restez sur vos deux pieds. Ça permet de solliciter tous les muscles stabilisateurs. On renforce donc aussi tous les muscles profond du tronc.

Les CrossFitters ont d’ailleurs un physique un peu différent. Ce qui était recherché dans les années 80, c’était le fameux physique en V, comme on dit, qui est certainement peu fonctionnel : de larges épaules, mais une sangle abdominale mince et fragile. Les CrossFitters ont généralement une sangle abdominale très solide et robuste.

Les muscles ne sont donc pas considérés de manière isolée, mais comme des chaînes musculaires (chaîne postérieure, antérieure, latérale, et les chaînes croisées). Sans entrer dans les détails, toute personne peut se référer aux travaux de Thomas Myers (Par exemple :Anatomy Trains: Myofascial Meridians for Manual and Movement Therapists (2nd edition). Elsevier Limited).

Les mouvements complets, poly-articulaires et fonctionnels sont aussi ceux qui provoquent les réponses neuro-hormonales les plus aptes à favoriser la masse musculaire et la densité osseuse, et augmenter le métabolisme et l’assimilation des graisses. On peut pour cela se référer aux nombreux articles et ouvrages du Dr. William Kraemer (Designing Resistance Training Programs, Human Kinetics, 2004 ; Optimizing Strength Training: Designing Nonlinear Periodization Workouts, Human Kinetics, 2007 ; Strength, endurance or combined training elicit diverse skeletal muscle myosin heavy chain isoform proportion but unaltered androgen receptor concentration in older men. Int J Sports Med. 2009 Dec;30(12):879-87.).

  • Des mouvements “constamment variés”

Parce que le corps s’habitue extrêmement vite aux stimuli. Dans le CrossFit, nous voulons élargir nos capacités physiques. Si on prend l’habitude de toujours courir des 800 m, on peut devenir bon sur 800 m, mais on risque d’être très mauvais dès qu’il faudra faire un 1500 m. Dans le CrossFit, on veut se préparer à tout. Pour obtenir cette variation, on peut puiser dans tous les exercices de gymnastique, d’haltérophilie, d’athlétisme, de strongman, de Parkour, etc. Les sources sont infinies, du moment qu’on continue à soumettre le corps à des stimuli nouveaux, pour le faire réagir et s’adapter. En somme, il s’agit toujours de sortir de sa zone de confort.  Et bien entendu, on varie le nombre de répétitions, de séries, l’ordre des exercices, etc.

  • À relativement “haute intensité”

Parce que l’intensité est ce qui permet le plus de progresser. C’est pourtant une dimension qui est souvent oubliée des programmes de musculation. Même dans une optique purement “santé”, les recherches montrent que l’intensité est le facteur le plus important (par exemple O’keefe JH, Vogel R, Lavie CJ, Cordain L. Achieving hunter-gatherer fitness in the 21st Century : back to the future. The American Journal of Medicine. 2010 ; 123 (12) : 1082-1086 ; Tanasescu M, Leitzman MF, Rimm EB, Willet WC, Stampfer MJ, HU FB. Exercise type and intensity in relation to coronary heart disease in men. Journal of the American Medical Association. 2002 ; 288(16) : 1994-2000 ; Eaton SB, Eaton SB. An evolutionary perspective on human physical activity : implications for health. Comparative Biochemistry and Physiology Part A. 2003 ; 136 : 153-159).

La référence la plus évidente pour l’intensité est la recherche du Dr. Izumi Tabata, Ph.D., chercheur au Japan’s National Institute of Fitness and Sports de Kanoya. Avec son protocole “Tabata” : 8 intervalles de 20 secondes d’effort intense, suivies de 10 secondes de repos, il a effectivement montré que le travail en intensité élevée permettait à la fois de développer les capacités aérobiques et anaérobiques, alors qu’à intensité modérée, seule les capacités aérobiques étaient développées (Tabata I, Nishimura K, Kouzaki M, et al. Effects of moderate-intensity endurance and high-intensity intermittent training on anaerobic and VO2max. Medecine & Science in Sports & Exercise. 1996 : 28(10) : 1327-1330).

Au final, le CrossFit veut développer 10 compétences :

  • L’endurance cardio-vasculaire
  • La résistance
  • La force
  • La souplesse
  • La puissance
  • La vitesse
  • La coordination
  • L’agilité
  • L’équilibre
  • La précision

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Alors, avec tout ça, à qui le CrossFit s’adresse-t-il ? À tout le monde ! Et c’est là l’originalité de cette méthode, c’est là qu’on voit pleinement le changement de paradigme. Vu la manière dont on perçoit le corps humain, et vu la manière dont on perçoit l’activité physique, on se dit que finalement tout le monde est confronté aux mêmes challenges physiques, même si c’est à des niveaux différents.

Pas plus tard qu’hier, paraissait un article dans le célèbre magazine de business Fast Company, intitulé “CrossFit : là où un Navy Seals et une mère de famille enceinte s’aident l’un l’autre à être plus musclés”.  Le constat est simple : ce qui est utile pour les élites (sportives ou militaires) est aussi utile pour monsieur-et-madame-tout-le-monde. C’est toujours mieux d’être endurant, d’être fort, d’être rapide, d’être souple, d’être agile, etc.

C’est pourquoi nous entraînons à la fois des athlètes de haut niveau et monsieur-et-madame-tout-le-monde. De plus en plus d’athlètes professionnels se mettent d’ailleurs au CrossFit. Beaucoup de footballeurs US : Knowshon Moreno (Denver Broncos), Brian Cushing (Houston Texans), Chad Ochocinco (Cincinnati Bengals), etc. John Welbourn, un ancien des New England Patriots, a même développé un programme spécial ” CrossFit Football”.

Il y a aussi beaucoup d’athlètes de sports de combat. On peut forcément citer B.J. Penn (MMA et Jiu Jitsu brésilien). En France, la Guardians Team (MMA), qui a gagné des titres européens, s’entraîne en CrossFit. Je pourrais également citer, en rugby, les célèbres frères Owen et Ben Franks, des All Blacks, qui ont carrément ouvert leur propre salle CrossFit en Nouvelle-Zélande. Je pourrais multiplier les exemples sur des paragraphes montrant des athlètes de haut niveau qui se sont mis au CrossFit.

Bien sûr, ils intègrent simplement le CrossFit dans leur entraînement. Faire du CrossFit ne fera pas de vous un Zidane ou un Jordan, si vous ne savez pas shooter au goal ou à l’anneau. C’est évident. Mais le CrossFit va permettre de développer des compétences générales qui seront utiles dans la pratique d’un sport spécifique ; toujours les mêmes compétences : force, endurance, explosivité, coordination, etc.

4 – On comprend bien que le but du CrossFit est d’être le plus complet possible. Mais on peut dire qu’être bon dans tout, c’est en fait n’être bon nulle part. Qu’en penses-tu Yves ?

On peut aussi dire qu’être très bon dans une compétence, c’est risquer d’être très nul dans toutes les autres. ;-) C’est le problème de la spécialisation à l’extrême : des marathoniens qui sont très endurants, mais qui n’ont pratiquement pas de force. Des powerlifters très forts, mais qui seraient incapables de courir 10 km, etc.

Le CrossFit va valoriser celle et celui qui seront les plus complets : l’athlète féminine et masculin qui pourront s’en sortir quel que soit l’épreuve à laquelle on les soumet. C’est tout le principe des CrossFit Games. Le vainqueur peut ne pas avoir gagné une seule épreuve, mais dans toutes les épreuves, il se sera bien placé.

C’est un peu comme le maillot jaune au Tour de France. Ce n’est peut-être pas le plus fort au sprint, ni le meilleur grimpeur, peut-être n’a-t-il pas gagné une seule étape, mais en moyenne, c’est lui qui s’est le mieux classé sur l’ensemble des étapes. Est-ce que tu dirais que le maillot jaune du Tour de France n’est bon nulle part ? ;-)

Pour reprendre une tradition française en éducation physique, on pourrait dire que le CrossFit vise à créer des “athlètes complets”, au sens où Georges Hébert utilisait ce terme. On se rappelle qu’à l’époque (1913) était organisé, à Vincennes (94), le “Concours de l’athlète complet”, qui comprenait 10 épreuves : des sauts, des lancers, des courses, un lever de charge, un grimper, un 300 m nage libre dans la Seine, le tout sur quelques heures.

En fait, s’entraîner en CrossFit, c’est essayer “d’être prêt”. Prêt à tout. Si dans 2 minutes, je dois faire un sprint, ou courir 20 km, ou porter une charge très lourde, ou rester en équilibre sur un objet instable, ou gravir un obstacle, est-ce que je suis prêt ? D’où l’utilité évidente pour les militaires, les forces spéciales, les forces de police, etc.

Prêt aussi à faire d’autres sports. Dans deux jours, par exemple, je participe aux “CrossFit Anvers Sports Series”, une rencontre CrossFit qui va allier mouvements CrossFit habituels et sports de plage : surf, bodyboard, stand up paddle, etc. Une des prescriptions du CrossFit est effectivement de continuellement essayer et apprendre d’autres sports. Toujours pour amener des stimuli différentes au corps.

Personnellement, l’entraînement CrossFit spécialisé en endurance constitue mon unique entraînement pour participer à des courses. J’ai fait ces dernières années plusieurs courses de 10 et 20 km et un semi-marathon. Fin octobre 2011, je tenterai mon premier marathon. L’entraînement proposé par CrossfitEndurance se compose de workouts CrossFit et d’interval training. 

5 – Quand je vois une semaine type CrossFit, je me dis qu’il manque pas mal de choses. On ne voit pas le travail des antagonistes, le renforcement musculaire comme pour la coiffe des rotateurs par exemple. De même que les séances que l’on appelle “haltérophilie”, “Force” n’en sont pas vraiment. Pour être dans le milieu de la musculation depuis plus d’une dizaine d’années, je ne vois pas comment progresser en force sur des mouvements comme le squat ou le soulevé de terre si ceux-ci ne sont pas répétés régulièrement ?

CrossFit
Uniquement du CrossFit ?

Tout d’abord, il faut bien savoir qu’il y a toute une programmation au CrossFit. Ce n’est aucunement mettre tout et n’importe quoi dans une même séance d’entraînement. On alterne en fait entre des “METCON (Metabolic Conditionning), des séances de force, des séances plus cardio, des séances où on travaille juste la qualité d’un mouvement (par exemple pour les mouvements olympiques qui sont assez complexes), etc.

Prenons l’exemple de ces derniers jours sur le site CrossFit :

  • 19/08 : 30 snatch (61kg), for time
  • 18/08 : repos
  • 17/08 : 10 rounds : 100m sprint, 10 pull-ups, 100m sprint, 10 burpees
  • 16/08 : Courir 5 km
  • 15/08 : « Death-by » Pull-ups / Handstand push-ups
  • 14/08 : repos (important et souvent négligé dans le sport, cela dit en passant)
  • 13/08 : Behind the neck Jerk 1-1-1-1-1-1-1
  • 12/08 : 8 rounds de 5 Front squat, 26 Ring push-ups
  • 11/08 : Complete as many rounds as possible in 12 minutes of: 400 meter run & 5 Deadlifts
  • 10/08 : repos
  • 09/08 : Overhead Squat 3-3-3-3-3 reps
  • 08/08 : Four rounds for time of:Row 500 meters. Rest 3 minutes

Ce qui correspond à :

  • 19/08 : haltérophilie
  • 18/08 : repos
  • 17/08 : cardio + gym
  • 16/08 : cardio
  • 15/08 : gym + gym
  • 14/08 : repos
  • 13/08 : haltérophilie
  • 12/08 : haltérophilie + gymnastique
  • 11/08 : haltérophilie + cardio
  • 10/08 : repos
  • 09/08 : haltérophilie
  • 08/08 : cardio

CrossFit

Il me semble que ça se voit bien qu’il y a une structure et que ce n’est pas aléatoire du tout. On varie entre cardio seul, cardio + haltéro, cardio + gym, cardio + haltéro + gym, haltéro seul, haltéro + gym, gym seul, et ainsi de suite… c’est la clé de la programmation CrossFit.

Sur une semaine de temps, l’ensemble du corps a travaillé, et toutes les compétences ont été développées. La question des antagonistes par exemple n’a aucun sens lorsqu’on travaille avec des mouvements fonctionnels et complets. Ça n’a de sens que si on isole des muscles, ce que nous ne faisons jamais.

Et comme le corps travaille de manière naturelle et fonctionnelle, c’est-à-dire en faisant ce pour quoi il est conçu, il n’y a pas besoin de faire du “renforcement musculaire comme pour la coiffe des rotateurs”. On se blesse même beaucoup moins en CrossFit. La musculation classique, le bodybuilding, produit toutes sortes de blessures liées au fait d’isoler, de manière non naturelle, un segment musculaire. Si je dois soulever une charge au-dessus de ma tête, je ne serai pas assis sur un banc, en faisant une élévation latérale, j’utiliserai tout mon corps et en particulier les grands groupes musculaires comme mes cuisses, mes fessiers, des dorsaux.

Donc, en CrossFit, ni syndrome de conflit acromio-coracoïdien, ni rupture du tendon du grand pectoral, ni inflammation du coude, ni déchirure du chef long du triceps ou du biceps brachial, etc. Et je suis sûr que toute personne qui pratique la musculation depuis plusieurs années connaît des personnes qui ont souffert de ces blessures.

Je ne sais pas pourquoi tu dis que les séances d’haltérophilie que nous faisons dans le CrossFit ne sont pas vraiment des séances d’haltérophilie. Aux États-Unis, il y a beaucoup de salles qui sont un peu “entre les deux” : ce sont des salles d’haltérophilie à la base, qui ont élargi leurs activités avec le CrossFit. Et sur le site Internet USA Weightlifting (USAW), c’est-à-dire la Fédération Nationale Américaine d’Haltérophilie, ils référencent beaucoup de salles CrossFit comme des salles d’haltérophilie. Ils ont d’ailleurs organisé une compétition en commun, les “CrossFit / Usa Weightlifting Open”, en octobre 2010. Donc, la Fédération Américaine d’Haltérophilie promeut tout à fait le CrossFit…

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est ce que ça signifie lorsque le Workout of the Day (WOD) est, par exemple : Clean & Jerk : 3-3-3-3-3. Concrètement, on s’échauffe, on s’étire, on travaille le mouvement, encore, encore et encore. On fait quelques exercices spécifiques pour se préparer, on fait des Clean & Jerk légers, des séries de 10 par exemple. Puis on monte la charge, et on essaye 3 répétitions à charge maximale (3 Rep Max ou 3 RM). Ça passe ? On monte la charge. Et ainsi de suite. Au quatrième essai, on échoue ? C’est que la charge est trop lourde, on redescend un peu pour que ça se passe. Etc. Au final, la séance a duré une heure. Et on est exténué.

Autre exemple : le Workout of the Day est Fran : 21-15-9 reps de Thrusters et Pull-ups. Voilà un programme qui peut aller très vite : moins de 5 minutes pour les bons CrossFitters. Ça ne veut pas dire qu’on ne va s’entraîner que 5 minutes à la salle. On peut très bien commencer la séance, après s’être échauffé, par des squats lourds ou des deadlifts. Un athlète comme Chris Spealler, par exemple, fait des squats plusieurs fois par semaine, même si ce n’est pas dans le WOD. Ensuite, on prend par exemple le temps de retravailler la qualité du Thruster, on s’échauffe bien les épaules, etc. Et puis seulement, on se lance dans un Fran. Au final, de nouveau, la séance a duré une heure.

Donc, plusieurs fois sur la semaine, on travaille en force (soit une séance y est dédiée, soit c’est avant un Met-Con), idem pour l’endurance, etc. Et du coup, on progresse bien en force. Mais c’est toujours la même chose : on progresse peut-être moins en force que quelqu’un qui ne fait que de la force. De même, on progresse en endurance, mais peut-être moins que quelqu’un qui ne fait que de l’endurance. Par contre, on continue semaine après semaine à progresser en force ET en endurance ET en vitesse Et en explosivité, etc.

Une dernière précision, ce que je dis là vaut pour 99 % des CrossFitters. Les athlètes qui se préparent pour les CrossFit Games ont la possibilité de s’entraîner davantage et éventuellement de programmer encore de manière plus fine, sur l’année, avec des cycles de force par exemple. Ils ont souvent aussi la possibilité de s’entraîner 2 fois par jour (certains font 2 entraînements un jour et repos complet le lendemain), mais c’est beaucoup moins représentatif de l’ensemble des CrossFitters qui ne peuvent pas consacrer leur vie à cette pratique sportive.

6 – Quand je te lis, je retrouve ce que je reproche actuellement aux CrossFit et ce qui est en même temps son point fort : Le côté communautaire ou sectaire suivant de quel point de vue on se place. Comme si tout ce que promouvait le CrossFit était super, que c’était la vérité. C’est ce qui transparait pour moi dans les écrits ou paroles des “converties”.

Personnellement, le CrossFit est effectivement une méthode d’entraînement qui me plaît et qui correspond bien à mes attentes. Mais pour te montrer que je ne suis pas “sectaire”, je vais fin octobre suivre une formation “MovNat” qui n’est pas du tout du CrossFit. C’est une méthode développée par un Français, exilé aux États-Unis, Erwan Le Corre, qui remet au goût du jour la Méthode Naturelle de Georges Hébert.

Erwan est d’ailleurs relativement critique vis-à-vis du CrossFit puisqu’il trouve que ce n’est pas encore assez naturel et fonctionnel. Il prône, lui, un véritable retour à la nature, et reproche au CrossFit de se faire beaucoup en salle, et avec toujours le même matériel. Il n’a pas tort : il dit que les barres à traction sont toujours les mêmes, alors que si on escalade un arbre, toutes les branches sont différentes ; il dit qu’on saute toujours sur les mêmes box alors que si on sautait sur des rochers, ce serait différent à chaque fois ; il dit qu’on soulève toujours les mêmes barres, alors qu’on devrait plutôt soulever des troncs d’arbre et des rochers.
Voilà des critiques adressées au CrossFit que je trouve fondées. Et si je peux intégrer du “MovNat” dans mes entraînements CrossFit, je le ferai. C’est en fait déjà un peu ce que je fais, comme dans la vidéo que j’ai publiée récemment, dans les Vosges, où je m’entraînais avec des pierres, etc.

Maintenant, une chose que tu remarques et qu’on remarque aussi, c’est que les gens “accrochent” vraiment au CrossFit. Tout d’un coup, ils se rendent compte qu’ils sont capables de faire beaucoup plus que ce qu’ils croyaient : ils sont plus forts que ce qu’ils pensaient, plus endurants, etc. Et ils se sentent très valorisés.

À côté de cela, c’est vrai que le CrossFit représente un vrai modèle au niveau commercial et marketing. Je crois vraiment que dans quelques années, on étudiera le développement économique de cette forme de Fitness. Entre autres l’esprit communautaire qu’ils ont créé est effectivement impressionnant… et commercialement, c’est très intelligent. Mais ça n’enlève rien aux qualités physiologiques du CrossFit.

Si je reprends la partie sur les blessures, tu sais aussi bien que moi, que si je démarre un sprint directement sans échauffement, j’ai toutes les chances de me blesser. Je te parle du travail des antagonistes, de la coiffe des rotateurs et j’ai l’impression de relire d’anciennes théorie. Si les séances ne sont conçues de sorte à ce que les antagonistes soient travaillés à la même fréquence, il ne peut y avoir que des conséquences néfastes, mouvements “naturels” (ce terme se discute) sur le long terme. Tu le sais aussi bien que moi.

Mais on ne sprinte pas sans s’échauffer. On s’échauffe, on s’étire, etc. Quand je parlais d’être prêt dans 2 minutes, c’était une image… Ça peut être 10 minutes… le temps de s’échauffer ;-) Pour le reste, je me répète, dans le bodybuilding, tu dois travailler un muscle spécifique, parce que tu as travaillé son antagoniste spécifiquement auparavant. Quand on travaille de manière complète et fonctionnelle, ça n’a pas de sens. Il faut percevoir le corps en termes de chaînes musculaires et dans sa globalité.

Je crois vraiment que c’est dans le bodybuilding qu’on se blesse à la coiffe des rotateurs, de par les mouvements spécifiques qu’on y exécute. Personnellement, en 2 ans de coaching, je ne connais personne qui s’est blessé à ce niveau-là au CrossFit.

Si je te cite encore, tu me dis qu’il n’y a pas de blessure dans le CrossFit, mais si je reprends ce que je “sais”, quand les gens sont blessés, ils n’en parlent pas, ils disparaissent.  Et j’en connais qui se sont blessés avec n’importe quel sport alors pourquoi pas le CrossFit quand on conseille de faire du développé nuque avec élan sans tenir compte de la morphologie des gens ?

Je voulais dire qu’il n’y avait pas de blessures chroniques. Il y a des sports qui génèrent de manière chronique des blessures spécifiques : pense aux genoux pour les footballeurs, ou le coude pour les tennismen, par exemple. Au CrossFit, la seule blessure chronique me semble être la peau des mains déchirée par les séries de pull-ups et de toes-to-bar.

Maintenant, c’est sûr que tu arriveras à trouver des gens qui se sont blessés en pratiquant du CrossFit, dans de bonnes ou de mauvaises conditions. Le plus souvent, c’est l’ego qui est en cause, on veut porter trop lourd. Le rôle du coach est justement de modérer celles et ceux qui surestiment parfois un peu ce qu’ils savent porter ;-)

Je ne vois par ailleurs pas vraiment quel est le problème avec le développé nuque avec élan (“Behind the neck Jerk”). Après tout, c’est le mouvement que l’on fait toujours pour se mettre en overhead squats. Donc, toute personne qui fait des overhead squats apprend à faire des “behind the neck jerk”. Bien sûr que ce soit pour les overhead squats ou les behind the neck jerk, on ne commence pas avec 70 kg. On commence avec un stick en plastique. Il y a toute une dimension “travail de la mobilité des épaules”. On s’étire, on apprend à maîtriser le mouvement. Puis on passe à une barre à vide. Puis on charge progressivement. Personne n’est, dans l’absolu, incapable de faire des “behind the neck jerk”. Tout le monde a un niveau différent, une morphologie différente, et on part de là pour progresser.

Après, j’adhère à l’esprit qui dit d’être prêt à l’imprévisible et bien d’autres slogans… Mais c’est pour moi du marketing. Quel est ton avis en tant que converti ?

Bien sûr que ce sont des slogans et du marketing. Ton site Internet et les photos de toi que tu publies, c’est aussi du marketing, Rudy, et c’est normal. Ca n’enlève rien à la qualité de la méthode d’entraînement. C’est la conjonction des deux qui explique le succès actuel du CrossFit : une méhode qui fonctionne vraiment bien et qui se vend bien via les vidéos, les sites Internet, les t-shirts, les logos, etc.

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41 commentaires

kémar

Personne pour m’aider???? Sinon, entièrement ok avec toi Adrien. La preuve, un sport comme le rugby s’y est penché depuis longtemps déjà et je parle des équipes nationales. Maintenant il y a un nom dessus ;-)

Adrien

Bonjour à tous, je suis tout à fait d’accord avec Yann et pense sincèrement que la plupart des bodybuilders ne connaissent pas grand-chose en force fonctionnelle. Je fais moi-même du judo depuis le + jeune âge et du MMA depuis 2 ans et je peux vous dire que l’on y effectue essentiellement des mouvements au poids du corps ou avec des charges modérées et en explosivité de type Crossfit, et que la plupart des gens que j’y rencontre réalisent, comme moi, généralement de très belles performances (par rapport à leur poids) quand ils s’essaient à la musculation classique en salle. Ce qui est totalement l’inverse lorsque des gens qui ne font que de la musculation (et ne parlent généralement que de protéines) s’essaient à des mouvements naturels en explosivité et avec peu de repos : ils n’ont pas beaucoup d’agilité et encore moins de résistance et d’endurance. Lorsque le judo et le MMA s’interrompent, par exemple pour les 2 mois de vacances d’été, et que je vais à la salle de muscu pour m’entretenir en attendant, je peux vous dire que je suis totalement vidé en reprenant les entraînements de ces sports de combat, et que je me fais battre par tout le monde pendant les 2-3 premières semaines de reprise. Je connais des gars qui ne font que de la musculation naturelle comme au Crossfit, et qui vous projettent un gars de 100 kg comme vous jetteriez votre sac à dos en rentrant de l’école ou votre mallette en rentrant du travail. J’en connais d’autres qui réalisent de belles performances en mouvements d’isolation à la salle de muscu mais qui n’ont aucune force en lutte au corps-à-corps et qui sont claqués en 10 secondes dès qu’ils doivent grimper sur une corde sans les pieds. Pour faire un effort physique, un animal, un gladiateur ou même un homme préhistorique ne se règl(ai)ent pas en mode “biceps” ou “triceps” ou “pectoraux”, ils utilisent tous leurs muscles en même temps.¨ Pratiquez les arts martiaux et le Crossfit et vous verrez si vous aurez encore besoin d’un banc à abdos ou de renforcer la “coiffe des rotateurs”. Cela vous fera rire.

kémar

Bonjour, Je souhaiterais savoir quand intégrer du Crossfit dans une saison de rugby en terme de planification(semaines de repos et semaines avec match le dimanche). Merci bien et c’est pour la bonne cause John de la Fédération Française de rugby

Yann

Je me suis délecté de cet interview. J’avais l’impression de me lire moi en mode avancé face à un mohican. Les preuves, les références scientifiques, les ouvrages, tout y est. Un grand merci à Yves Patte. J’ai vu un commentaire en haut qui disait que les boxeurs s’entraînent comme cela. J’en fus un pendant quasi une décennie et c’est faux. J’ai mangé de la musculation bien classique pendant un moment pour pouvoir monter en catégorie (prise de masse - sèche) donc je connais la musique classique… De facto,  le CrossFit ne relève pas juste du domaine physique mais d’un changement de paradigme. Et c’est le problème et la solution. De sorte que le crossfiteur (je parle au moins pour moi) est au mieux un créateur au pire un anti-conformiste. Quant aux critiques/sceptiques… au fond vous le savez aussi bien que moi que vous enragez de ne plus pouvoir gambader comme un marmot sous peine de vomir les kilos de protéines ingurgités. On a toujours le choix : rester le même ou évoluer. Les mêmes barres, les mêmes prot, etc… est-ce évoluer ?

Conway

Bonjour,   Ce type d’entrainement est assez intéressant en sois, notamment en ce qui concerne l’approche globale du corps et la polyvalence recherchée, mais je ne vois pas en quoi il est novateur.   C’est une sorte d’entrainement qui consiste à faire un nombre incalculable de truc par semaine, sans temps de repos au cours de chaque WOD, et ça finit par faire un gros tonnage, améliorer l’endurance et également la résistance.   Moi, ça me plaît, je m’entraine comme ça depuis longtemps en fait, mais concrètement, à par le terme “crossfit”, en quoi cela diffère des entrainements quotidiens des gymnastes ou des militaires, ou même de la culture physique de nos grands-papas (qui pour certains poussaient à l’époque peut être plus que nous d’ailleurs)?

val

vraiment pas fan ! -_-

Fred

Elsabre ” je cours le marathon en 3h15, le 10km en 35mn et le 400m en moins d’1min. “ C’était pendant ta période de triathlète ? Ou bien ce sont des perfs récentes ?

kamel

mdr vous savez plus quoi inventé le “crossfit” comme vous dite sa existe depuis mille ans c en gros un entrainement personnalisé tt les boxeur s’entraine comme sa en plus de la muscu franchement y vont loin les belge cet fois ci a inventer des truck qui existe deja..

pitouche

Voilà une discipline qui me tente vraiment! Des mouvements “naturels” empruntés au fitness et powerlifting. Le tout exécuter avec une certaine intensité. Mon impression est que le crossfit est une méthode intuitive et alliant les divers aspects de la construction d’un corp fort et en bonne santé. Pour faire une comparaison. Il faut reconnaître que j’ai toujours plus admiré les décathloniens que les coureurs de 100 mètres.

Elsabre

Pour appuyer ce que dit Taigebu, dans beaucoup de salle il “impose” un minimum de séance de “skill” avant de pouvoir faire les wod avec les autres membres, exemple la salle de Belfast: “On-Ramp Program – every Monday, Wednesday and Friday Prior to taking out a monthly membership, all new members are required to complete our mandatory On-Ramp Program. It comprises of 12 sessions that emphasise skill development and exposure to the basic movements. It has been designed to help prepare you to enter the main workout group. The workouts at the end of each session will get progressively more challenging as the course progresses.

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Rudy Coia
est coach perso musculation et de diététique depuis 2006 et co-fondateur du site SuperPhysique. Il a coaché avec succès des centaines de pratiquants.
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